Ile-de-France : des locations de chambres d’hôtel pour loger les étudiants en galère

Alors que la crise sanitaire aggrave la précarité chez les jeunes, des syndicats étudiants alertent face aux difficultés rencontrées par certains pour se loger. Un plan d’aide doit être voté ce jeudi au conseil régional.

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 Isolés par la crise sanitaire et privés de petits boulots, parfois endettés, les étudiants franciliens ont du mal à payer un loyer (illustration).
Isolés par la crise sanitaire et privés de petits boulots, parfois endettés, les étudiants franciliens ont du mal à payer un loyer (illustration).  LP/Aurélie Audureau

Les appels à l'aide d'étudiants se multiplient. A tous niveaux, et la question du logement n'y échappe pas. « De plus en plus de personnes ont dû lâcher leur hébergement pour retourner chez leurs parents, du moins pour ceux qui le pouvaient, d'autres sont endettés, ils ne peuvent plus payer leur loyer », souffle Mélanie Luce, présidente de l'Unef (Union nationale des étudiants de France).

Du côté de la Fage (Fédération des associations générales étudiantes), les sollicitations sont aussi importantes. « On a des personnes en précarité qui ont de plus en plus de mal à se loger, dont pas mal d'étudiants internationaux qui se retrouvent à la rue, c'est très compliqué à gérer », concède Luna Pelchat, vice-présidente étudiante au Crous Paris.

«Les loyers sont beaucoup trop chers»

C'est toute l'Ile-de-France, région qui accueille le plus d'étudiants dans l'Hexagone (27 %), qui est touchée. « C'est encore plus difficile pour les Franciliens, parce qu'il faut encore plus de moyens pour se loger, ajoute Mélanie Luce. Les loyers y sont beaucoup trop chers. » En atteste le dernier classement Unef du coût de la vie universitaire, dans lequel Paris arrive en tête avec un loyer moyen de 885 euros, suivi de Nanterre (Hauts-de-Seine) avec 745 euros et de Créteil (Val-de-Marne) qui affiche 720 euros.

Comment payer en ces temps de crise où les petits boulots ont disparu? « Dans la région, la moitié des étudiants travaillent en même temps que leurs études, beaucoup ont perdu ce revenu supplémentaire avec la crise sanitaire et se retrouvent à squatter les uns chez les autres », insiste Valérie Pécresse, présidente (Libres!) du conseil régional.

Pour répondre à cette précarité et éviter à terme un abandon d'études, outre la proposition de « se porter garant pour 15000 nouveaux prêts d'un montant total de 4 millions d'euros pour les étudiants franciliens », la région doit voter ce jeudi un plan d'aide exceptionnel.

« Nous allons louer quatre hôtels Accor qui ont été choisis avec la Croix-Rouge. Les deux premiers ouvriront porte de Saint-Ouen et porte de Châtillon, à Paris, dans les jours qui viennent », indique Valérie Pécresse, sans dévoiler de date précise. Au total, 15000 nuitées seront proposées aux étudiants, dont ceux en BTS et classes préparatoires.

L'Unef réclame d'augmenter les aides au logement

« Nous avons également un partenariat avec les trois Crous (NDLR : de Paris, Versailles et Créteil) qui se sont engagés à nous trouver des logements d'hébergement en internat, dans leur résidence ou dans le parc social, pour installer ces étudiants », poursuit Valérie Pécresse. La région prévoit dans un troisième temps de procéder à des avances sur APL (aide personnalisée au logement) « pour sécuriser l'installation dans des logements d'insertion ». « Une expérimentation va être lancée auprès d'une centaine de jeunes, c'est une opération en partenariat avec la Fédération des associations de solidarité », détaille la présidente.

Si les associations étudiantes saluent ces initiatives qui « répondent à une situation d'urgence », elles estiment qu'il faut aller plus loin. « On a obtenu l'augmentation des aides spécifiques comme les Asap (allocations spécifiques ponctuelles) qui vont permettre aux étudiants qui ne bénéficient pas de bourses d'avoir des aides financières », rappelle ainsi Anniela Lamnaouar, vice-présidente en charge des affaires sociales à la Fage, pour qui il faut penser le problème du logement étudiant plus largement.

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L'Unef souhaite une « augmentation des aides au logement de 20 % car la situation est beaucoup trop critique pour les étudiants » et « il faut mettre en place l'exonération des loyers dans les résidences universitaires », reprend Mélanie Luce, tout en invoquant la nécessité « de construire plus de logements étudiants ».