Covid-19 en Ile-de-France : la galère pour se faire dépister

Alors que 1,3 million d’habitants de 32 villes d’Ile-de-France ont reçu un bon pour un test PCR et une sérologie Covid-19 depuis la fin juin, il est encore compliqué de pouvoir l’utiliser.

 A Mantes-la-Jolie (Yvelines), 45 000 habitants, aucun laboratoire ne propose la sérologie... (Illustration)
A Mantes-la-Jolie (Yvelines), 45 000 habitants, aucun laboratoire ne propose la sérologie... (Illustration) LP / Arnaud Journois

« Bon de prescription pour un test de dépistage du COVID19 ». Le mail adressé par l'Agence régionale de Santé d'Ile-de-France est arrivé le 17 juillet et cette habitante de Mantes-la-Jolie (Yvelines) se décide enfin à franchir le pas. « J'ai ressenti des difficultés respiratoires et une grande fatigue en février, j'aimerais savoir si c'était le Covid », explique cette jeune femme, qui tient aussi à s'assurer qu'elle n'est pas porteuse du coronavirus alors qu'elle retrouve son père dans trois jours.

Espoir déçu ! Elle vient de décrocher un rendez-vous pour lundi prochain. « J'ai appelé trois labos, aucun ne répondait, alors je me suis déplacée », dit-elle. Mantes-la-Jolie, 45 000 habitants, fait pourtant partie des 32 communes franciliennes ciblées par l'ARS en juin pour les dépistages. Parce que le virus y circulait vite, et que les tests étaient moins nombreux qu'ailleurs.

«Les lignes des labos sont saturées»

Et pour cause, il faut déjà trouver un laboratoire. D'après le site de l'Agence régionale de santé, dont on trouve le lien dans le mail de l'Assurance maladie, une petite vingtaine de centres de dépistage Covid sont ainsi répertoriés dans les Yvelines, dont trois dans le Mantois. Sauf que... ce n'est pas si simple. A Mantes, aucun laboratoire ne propose la sérologie. Pas même l'hôpital, qui pratique bien ces analyses, mais « pas dans le cadre d'un dépistage massif par la CPAM ». Dans le Mantois, seuls deux laboratoires, à Magnanville et Limay, sont bien « tout public »... mais impossible à joindre par téléphone. « Les lignes sont saturées », explique-t-on à l'accueil.

« Très très peu de laboratoires font ces tests, c'est compliqué à mettre en œuvre, explique Virginie Métral, biologiste chez Biosmose, à Magnanville. Nous, on ne le fait que sur un de nos deux sites, pour ne pas mélanger les malades chroniques et les potentiels Covid positifs. Il faut aussi une pièce dédiée... et des bras », détaille le labo qui a recruté une étudiante en médecine en renfort.

Le laboratoire a dû investir dans une nouvelle machine

Mais cela ne suffit pas, il faut aussi investir « dans une machine spécifique, qui a mis du temps à arriver après avoir été bloquée en Pologne ». Le laboratoire a eu du mal, aussi, à s'approvisionner en réactif et en écouvillons. « Maintenant ça va, on arrive à être livrés, poursuit Virginie Métral, même s'il reste encore des tensions sur les gants. »

Puis, avec les vacances scolaires, c'est de main-d'œuvre dont ils ont manqué. « On a tous pris un peu de vacances, mais on n'a pas trouvé de remplaçant », déplore la biologiste. D'où les délais d'attente qui ont pu grimper à plusieurs semaines. Il sont redescendus à 6 jours, pour le grand public non prioritaire (hors cas contact ou symptomatique).

VIDÉO. 4 heures d'attente pour un dépistage le week-end, « c'est l'enfer »

Soizic, la trentaine, a même réussi à décrocher un rendez-vous en un temps record. « J'y suis allée vendredi, parce qu'ils sont injoignables par téléphone, et j'ai un rendez-vous pour ce mardi », explique la jeune femme de retour de vacances dans les Bouches-du-Rhone, qui voulait faire un test avant de retrouver sa mère diabétique. Il faudra encore patienter pour les retrouvailles : les délais d'obtention des résultats sont remontés à 4 jours, à cause de l'affluence.

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Depuis le lancement de la campagne de dépistages massifs sur les 32 villes cibles, le laboratoire Biosmose a réalisé 506 sérologies et 200 PCR sur bon de prescription. Actuellement, il tourne à un rythme de croisière de 70 tests par jour et devoir pouvoir augmenter la cadence après l'arrivée d'une seconde machine, dans quelques jours.