Cormeilles-en-Parisis : un gymnase ouvert pour accueillir les sans-abri

Le gymnase Léo-Tavarez de Cormeilles-en-Parisis peut recevoir depuis mardi des sans-abri. Une vingtaine de personnes y a dormi la nuit dernière. Ils peuvent rester là jusqu’à lundi matin.

 Cormeilles-en-Parisis, samedi 13 février. Mouna, accompagnée de son fils de 4 ans, a été la première personne accueillie au gymnase Léo-Tavarez, ouvert mardi dans le cadre du plan grand froid niveau 2.
Cormeilles-en-Parisis, samedi 13 février. Mouna, accompagnée de son fils de 4 ans, a été la première personne accueillie au gymnase Léo-Tavarez, ouvert mardi dans le cadre du plan grand froid niveau 2. LP/Thibault Chaffotte

Assis devant un gobelet de café, Mohamed peut souffler. Ce sans-abri, qui dort habituellement à la gare d'Argenteuil, a trouvé refuge au gymnase Léo-Tavarez, à Cormeilles-en-Parisis la nuit dernière et celles d'avant. « J'appelle le 115. J'ai de la place un jour ou deux jours », explique-t-il dans un français approximatif. Le soulagement se lit sur son visage. Son œil gauche est marqué par une tache de sang. « C'est une agression dehors pour me voler mon téléphone », explique-t-il en exhibant l'objet à l'écran brisé. Ce soir encore, il n'aura pas à se préoccuper que cela se reproduise.

Soixante nouvelles places ouvertes dans le département

Ce gymnase fait partie des 60 nouvelles places d'accueil ouvertes mardi dans le cadre de l'élévation au niveau 2 du plan grand froid dans le Val-d'Oise. Elles s'ajoutent aux 431 mises à disposition depuis le 1 er novembre. « Cette nuit, on a eu 23 personnes qui ont dormi ici. Nous avons une capacité d'accueil d'une quarantaine de personnes », précise Christophe Quenet, directeur du pôle de lutte contre les exclusions de la Croix-Rouge, dans le Val-d'Oise. La Croix-Rouge gère ce lieu. Elle a aussi renforcé ses maraudes dans le cadre du plan grand froid niveau 2, en mettant en place une quatrième équipe qui sillonne le département.

❄️ Dans le cadre du déclenchement du Plan Grand Froid et pour protéger les personnes les plus vulnérables : - 60...

Posted by Préfet du Val-d'Oise on Tuesday, February 9, 2021

« On a des personnes qui viennent ici par leurs propres moyens, ou alors ils sont accompagnés par les équipes maraudes », explique Christophe Quenet. Les hommes, les femmes avec enfants dorment dans des espaces séparés. Un groupe de bénévoles se relaye auprès d'eux en journée, mais beaucoup quittent les lieux dès le matin pour revenir le soir. Claudine Lannuzel, vice-présidente de l'unité locale, en fait partie. « Les gens aiment bien parler. L'uniforme de la Croix-Rouge les met à l'aise. Ils parlent de leur perte de travail, de leur peur de ne pas retrouver de logement », confie-t-elle.

« Ici, il faut chaud et les gens sont très gentils »

Mouna, 33 ans, accompagnée de son fils de 4 ans, a été la première personne accueillie dans ce gymnase. « J'ai appelé le 115. Ils m'ont dit de venir ici. Franchement, c'est bien, il fait chaud et les gens sont très gentils », souligne-t-elle. Son fils est scolarisé à Argenteuil. Les nuits les plus froides, elle peut compter sur une amie qui accepte de l'héberger, mais cela pose des soucis à sa famille. Dans la journée, après avoir déposé son fils à l'école, elle part chercher du travail. « Je cherche partout, du ménage, mais il n'y en a pas », regrette-t-elle.

Ahmed, 35 ans, a dormi deux nuits dans ce gymnase. « Ici, c'est mieux que la rue », souligne-t-il en anglais. Il a appelé le 115 plusieurs fois, mais il n'arrivait pas à communiquer avec ce service car il ne parle pas français. Précédemment, il dormait dehors à Saint-Denis (Seine-Saint-Denis) près de la basilique. « Il faisait très froid, on a eu la pluie et après la neige », se souvient-il. Il a été accueilli deux semaines par une femme dans une maison à Sarcelles. Il a aussi passé une nuit dans une station de métro. Jusqu'à lundi matin, il n'a pas à se soucier de son hébergement, car le niveau 2 du plan grand froid est prévu jusqu'à dimanche inclus. Après cela, son errance reprendra.