Au Triangle de Gonesse, ils veulent «une amélioration du RER D» plutôt que la ligne 17

Les opposants à la ZAC, rassemblés ce samedi, estiment qu’il vaudrait mieux améliorer les transports en commun existant plutôt que construire une gare de la ligne 17 à cet endroit.

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 Villiers-le-Bel, samedi 13 février. Carlos Bilongo, du collectif Réveillons-nous pour demain, estime qu'il ne faut pas opposer justice sociale et justice environnementale.
Villiers-le-Bel, samedi 13 février. Carlos Bilongo, du collectif Réveillons-nous pour demain, estime qu'il ne faut pas opposer justice sociale et justice environnementale. LP/Thibault Chaffotte

Le collectif pour le Triangle de Gonesse (CPTG) manifestait une fois de plus ce samedi. Le rassemblement organisé devant la gare Villiers-le-Bel-Gonesse-Arnouville avait pour particularité d'avoir lieu à la demande de plusieurs collectifs d'habitants de l'est du Val-d'Oise. « Cette manifestation est en soutien aux habitants du territoire pour leurs transports en commun », a présenté Bernard Loup, président du CPTG. Depuis que le projet EuropaCity a été enterré par l'Etat, le devenir de la ZAC du Triangle de Gonesse, sur lequel il était prévu, est en suspens. La gare de la ligne 17 qui doit desservir cette zone de 300 ha n'a plus sa raison d'être, selon le CPTG.

«Ce n'est pas EuropaCity ou la surconsommation qui va sauver la banlieue»

Abandonner ce projet de « gare en pleins champs » comme l'appelle le CPTG, serait l'occasion pour les opposants d'améliorer les transports dans cette partie du Val-d'Oise. « Nous, habitants de Villiers-le-Bel, Arnouville et Gonesse, nous avons besoin d'une amélioration du RER D, souligne Carlos Bilongo, du collectif Réveillons-nous pour demain, de Villiers-le-Bel. On a un tunnel commun avec le RER B, donc dès qu'il y a un problème dessus, le D est impacté. » « La prolongation du T5 de Sarcelles à Villiers-le-Bel, c'est vital pour les Beauvillesois », ajoute Khalid, de l'Association de défense des habitants de l'est du Val-d'Oise (Adhevo).

Bernard Loup, président du CPTG. LP/Thibault Chaffotte
Bernard Loup, président du CPTG. LP/Thibault Chaffotte  

« Pour nous, il ne faut pas mettre en conflit justice sociale et justice environnementale. On a besoin d'environnement », argue Carlos Bilongo. Il ne semble pas souscrire à la promesse de 50 000 emplois créés sur la ZAC de Gonesse un temps évoqués. « Ce n'est pas EuropaCity ou la surconsommation qui va sauver la banlieue », ajoute-t-il. Ilhan, 27 ans, habitante de Gonesse, fait partie des quelques jeunes du territoire venus manifester. L'amélioration du RER D est pour elle une priorité. « Vendredi, il y a eu une panne électrique, j'ai mis deux heures pour me rendre à mon travail », souligne-t-elle.

Si des habitants de Gonesse, Villiers-le-Bel ou Arnouville sont venus à cette manifestation, le gros des troupes (environ 150 personnes) est constitué de militants issus de toute l'Ile-de-France et acquis à la cause du CPTG depuis longtemps (EELV, PCF et LFI, entre autres). Thierry, de L'Isle-Adam, vient régulièrement à ces rassemblements depuis trois ans. « Je suis venu pour m'opposer à la reprise des travaux de la gare. On ne veut pas que ces terres agricoles soient urbanisées », souligne-t-il. « Je suis là par solidarité. Je suis là pour la ZAD et pour défendre les terres cultivables », ajoute Jean-François, Gilet jaune venu des Yvelines.

Le CPTG a organisé un rassemblement pour réclamer une amélioration des transports en commun et l'abandon de la gare du Triangle de Gonesse. LP/Thibault Chaffotte
Le CPTG a organisé un rassemblement pour réclamer une amélioration des transports en commun et l'abandon de la gare du Triangle de Gonesse. LP/Thibault Chaffotte  

La création d'une ZAD près du site de la future gare, le week-end dernier, a aussi fait venir une autre catégorie de militants. Emma et Madeleine, âgées d'une vingtaine d'années, ont passé la nuit sur place. « C'est un endroit très intéressant, un lieu de création incroyable, décrit Emma, parisienne qui a vécu à Cergy-Pontoise. Ça fait beaucoup de bien de construire des cabanes en refaisant le monde. »

Elles connaissaient déjà ce projet mais c'est la ZAD qui les a décidées à venir sur place. Cette gare leur paraît une aberration. « Évidemment qu'on veut bien plus de transports en commun, mais il faut que ça soit bien pensé », estime Madeleine. « Cette gare va rejoindre les grands projets inutiles », prédit Emma.