À Saint-Prix, les vendanges pour se reconnecter à la nature

Les bénévoles étaient nombreux à avoir répondu au désormais traditionnel appel des vendanges sur les coteaux de Saint-Prix, ce samedi.

 Saint-Prix, le 12 septembre 2020. De nombreuses petites mains ont répondu à l’appel des vendanges sur les coteaux de Saint-Prix.
Saint-Prix, le 12 septembre 2020. De nombreuses petites mains ont répondu à l’appel des vendanges sur les coteaux de Saint-Prix. LP/Alexandre Boucher

À l'entrée de la vigne de Saint-Prix (Val-d'Oise), des grappes de raisin sèches et mûres sont disposées sur une table. Le président de l'association Le Clos Saint-Fiacre, qui entretient au quotidien les 3 100 pieds de pinot noir et 600 de gewurztraminer que compte la parcelle municipale, distille ses consignes aux nouveaux arrivants.

« Là, c'est l'échaudage, ce n'est pas la peine de prendre. Là, c'est un peu flétri mais ça n'a pas de conséquence sur le vin, vous pouvez prendre », explique Bruno Huguet avant de leur confier un sceau.

Fête des vendanges le 27 septembre

Ce samedi, c'était jour de vendanges sur les coteaux de Saint-Prix. Une semaine après le « gewurzt », des bénévoles de l'association et des anonymes étaient réunis pour récolter les grappes de pinot noir. Seuls quelques rangs sont réservés à la fête des vendanges organisée par la ville dimanche 27 septembre.

Contexte sanitaire oblige, l'association a demandé à chacun des participants de venir avec son propre sécateur. Dans la vigne, le port du masque n'est pas obligatoire mais il reste de rigueur pour ce public consciencieux.

Saint-Prix, le 12 septembre 2020. LP/Alexandre Boucher
Saint-Prix, le 12 septembre 2020. LP/Alexandre Boucher  

Malgré ce contexte, le moment est attendu par tous. Et notamment ceux qui s'occupent de la vigne à longueur d'année. « Je viens toutes les semaines, je l'ai vu évoluer, confie Mirabelle, la vingtaine. Ça fait plaisir de montrer le travail qu'on fait et de partager cette étape décisive dans le processus avec d'autres personnes. Pour Martine, la soixantaine, c'est en effet une première. « Ça faisait longtemps que j'avais envie de le faire, confie cette habitante de la commune, et cette année, je me suis décidée. J'avais envie de passer un bon moment et d'être dehors. Et le geste n'est pas trop dur. »

« J'avais envie de me rapprocher de la nature »

« On nous a très bien expliqué comment faire, abonde Saloua, venue de Romainville (Seine-Saint-Denis) à l'invitation de son amie Léa qui réside à Montmorency. On se sent en confiance et on n'a pas peur de se tromper. »

Après quelques minutes de travail, ces deux amies sont déjà sous le charme du site offrant un point de vue exceptionnel sur Paris et enchantées par « une expérience » qu'elles avaient envie de découvrir. « Je voulais voir comment ça se passe et j'avais envie de me rapprocher de la nature et de la terre, explique Saloua. C'est du plaisir à l'état brut. J'ai grandi à Paris et je ressens de plus en plus ce besoin de reconnexion aux choses essentielles. »

Gourmandes, elles n'ont pas résisté à la tentation de goûter le raisin. « Il est délicieux ! », s'enthousiasme encore Saloua.

Vin bio

Difficile pour l'heure de prédire la qualité de la cuvée 2020 de vin bio uniquement vendu aux enchères lors des Instants Natures organisés par la ville début mai. La quantité sera elle peut être moindre que les précédentes années. « La terre manque d'eau depuis deux ans, indique Bruno Huguet. Mais on devrait avoir moins de 5 % de pertes, ce qui reste raisonnable. »

Inscrite au Cocorico (Comité de coordination région Ile-de-France des confréries), qui réunit plus d'une trentaine d'associations et confréries viticoles, Le Clos Saint-Fiacre s'était distingué en obtenant la médaille d'or en 2018. Une reconnaissance de plus pour le vin de Saint-Prix récompensé dès sa première récolte en 2009.

En 2018, un jury d'experts réunis par le journal Le Parisien avait également élu Les coteaux de Saint-Prix « meilleur vin rouge d'Île-de-France ».