À Saint-Ouen, la région met son « patrimoine gourmand » en valeur

Une trentaine d’artisans du goût attendent les visiteurs, ce week-end, au pied du siège du conseil régional. La crise du covid a restreint le nombre de stands.

 Saint-Ouen, ce samedi. Une entreprise de Seine-Saint-Denis était représentée : Canelas, spécialisée dans la gastronomie portugaise.
Saint-Ouen, ce samedi. Une entreprise de Seine-Saint-Denis était représentée : Canelas, spécialisée dans la gastronomie portugaise. LP/E.M.

À la découverte des saveurs d'Ile-de-France. Tout ce week-end, la Fête du patrimoine gourmand met en avant trente producteurs franciliens, au pied du siège de la Région, organisatrice de l'événement, à Saint-Ouen. Ils sont apiculteurs, artisans chocolatiers, fabricants de pâtes ou de moutarde et ils ont pour point commun de privilégier les filières courtes pour s'approvisionner.

Crise du covid oblige, le format de l'événement a été réduit, avec un nombre de stands limité, tout comme les dégustations. Deux artisans nous expliquent pourquoi ils participent à cette Fête du patrimoine gourmand.

« Toucher une autre clientèle »

En deux heures, Sophia Macedo a presque écoulé la centaine de « pasteis de nata » (NDLR : des petits flans portugais) qu'elle proposait à la vente. « C'est le produit qui raconte le plus le Portugal », rappelle la salariée de Canelas, une entreprise de produits portugais basée à Pierrefitte, seule représentante de la Seine-Saint-Denis parmi les stands du marché.

Participer à cette Fête du patrimoine gourmand, c'est « toucher une autre clientèle » que les habitués de la communauté portugaise qui se transmettent l'adresse par bouche-à-oreille. « On gagne en visibilité », explique Sophia Macedo, fervente soutien des filières courtes.

« Nous travaillons avec la Ferme du pré, dans l'Oise, pour les œufs et avec les Moulins Fouché, dans l'Essonne, pour la partie farine. Ça nous tient à cœur », résume-t-elle, heureuse de rencontrer à nouveau les clients.

« Pendant le confinement, nous avions mis en place un service de livraison à domicile. Les gens étaient mal alors pouvoir manger ces produits… Pour beaucoup, les pasteis ont le goût d'une madeleine de Proust. On a reçu des messages formidables ! »

« Nous, les petits boulangers, il faut qu’on nous voie ! »

Saint-Ouen, ce samedi. Ancien restaurateur, Frédéric Gauthier a pris « un virage à 360 » et s’est reconverti dans le métier de boulanger. LP/E.M.
Saint-Ouen, ce samedi. Ancien restaurateur, Frédéric Gauthier a pris « un virage à 360 » et s’est reconverti dans le métier de boulanger. LP/E.M.  

Frédéric Gauthier n'avait pas prévu de longue date de participer à ce marché de producteurs franciliens. La notoriété de ce boulanger de Beauchamp (Val-d'Oise) n'est plus à faire depuis son passage dans une célèbre émission culinaire de M 6.

Il n'empêche : « Nous, les petits boulangers, il faut qu'on nous voie ! », insiste-t-il, se disant « acculé » par la grande distribution et ses baguettes faites de farine importée. « Il faut qu'on se bagarre. »

Petit-fils et fils de boulanger, l'ancien restaurateur, une fois la cinquantaine venue, a effectué « un virage à 360 » pour s'inscrire dans la tradition familiale. Il est désormais membre d'un syndicat de boulangers. « On est là pour représenter un métier, une région. C'est ça ma vie », glisse-t-il. Et de mimer ce geste où l'on sort les rames, face à la fréquentation modeste de cette Fête du patrimoine gourmand. « Il faut faire sortir les gens, les faire continuer à vivre. »

Ce samedi et dimanche, de 10 heures à 19 heures. Région Ile-de-France, 8, boulevard Victor-Hugo. Entrée gratuite.