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«On est super heureux d’habiter à la campagne» : ils ont fui la région parisienne pour Evreux

Au lendemain du déconfinement, nous avions rencontré deux couples de Franciliens ayant acheté à Evreux, en Normandie, pour s’y installer. Six mois après, ils nous livrent leurs impressions.

 Evreux (Eure) a la cote auprès des Franciliens. La ville a connu un taux de recherche accru entre avril 2019 et avril 2020, selon SeLoger et Meilleurs Agents.
Evreux (Eure) a la cote auprès des Franciliens. La ville a connu un taux de recherche accru entre avril 2019 et avril 2020, selon SeLoger et Meilleurs Agents. LP/Philippe Lavieille

Il y a six mois, nous avions raconté le projet de deux couples voulant s'installer à Evreux (Eure). Cette ville avait connu un taux de recherche accru entre avril 2019 et avril 2020, selon SeLoger et Meilleurs Agents, illustrant une envie de verdure et d'espace après le confinement. Ce dernier avait été l'élément déclencheur pour au moins l'un des deux. Six mois après, nous avons voulu savoir où ils en étaient et s'ils ne regrettaient pas leur choix et la réponse est « non »!

« On a aucun regret. On est super heureux d'habiter à la campagne ! C'est exactement ce qu'on attendait », confirme Stéphane Denneulin. Cet ingénieur en recherche et développement dans le secteur automobile et sa femme Valérie, ont quitté mi-août leur appartement de Colombes (Hauts-de-Seine) pour emménager dans une grande maison de 160 m2 avec jardin à Aviron, à deux pas d'Evreux. « On a gagné en zénitude. On n'a plus de bruit. On a aussi plus de temps pour nous », lâche Stéphane.

«Je vois des chevreuils de mon bureau !»

Et ce dernier de vanter l'espace, la nature. « Je vois des chevreuils de mon bureau! Une fois qu'on a terminé notre travail, on part se promener une heure en forêt. Ça change tout! » La fibre était également un élément indispensable à la réalisation de leur projet. La généralisation du télétravail avec l'expérience du premier confinement, puis le reconfinement, a changé la donne et permis à ces salariés franciliens de vivre leur rêve.

Valérie et Stéphane Denneulin «n’ont aucun regret». Ils ont quitté leur appartement des Hauts-de-Seine pour emménager dans une grande maison./DR
Valérie et Stéphane Denneulin «n’ont aucun regret». Ils ont quitté leur appartement des Hauts-de-Seine pour emménager dans une grande maison./DR  

Lorsque la crise sera passée, Stéphane pense télétravailler deux jours par semaine. Seule déception : le manque de régularité des trains. « Ma femme l'a pris en septembre et aucun n'était à l'heure. Du coup, elle est allée à Paris en voiture. C'est dommage, en train ça faisait moins de fatigue et c'était moins coûteux entre le péage et le carburant. On espère que ça va s'améliorer », reprend Stéphane. La vie à Colombes ne leur manque pas du tout : « On a perdu le rythme ! Ici, on prend le temps de voir les choses différemment. On mange autrement. On achète directement chez les producteurs. On ne va presque plus chez les grandes enseignes. » En termes de sortie, il estime qu'il « y a tout ce qu'il faut à Evreux ». « Sinon, le Zénith de Rouen est à 45 minutes, la mer à une heure… » Autre plaisir : celui, avant le confinement, de recevoir leurs enfants.

Pas de problème pour obtenir une place en crèche

Maxime et Marion, 36 et 34 ans, ont eux aussi quitté la banlieue parisienne (Bois-Colombes, Hauts-de-Seine) pour s'installer dans une maison du centre-ville d'Evreux début octobre. Le premier confinement passé dans leur famille a 47 km de là a emporté leur décision : « On connaît Evreux et quand on a vu notre petite fille courir dans l'herbe, ça nous a décidé », expliquait alors Marion. Le changement coïncide également avec l'arrivée prochaine d'une deuxième petite fille et le souhait d'une autre qualité de vie. Et le verdict est là : « Je suis agréablement surpris. On avait gardé l'image d'une ville vieillotte et, en fait, le petit centre-ville est très mignon », estime Maxime, responsable commercial.

Autres atouts : ici, pas de problème pour obtenir une place en crèche pour Garance, leur fille. Et puis, il y a la qualité de vie avec plus de « vert » grâce à leur jardin. « Pour l'instant, on n'a pas encore exploré la voie verte pour se balader, mais on le fera plus tard », reprend-il. Le gros avantage pour eux est de s'être rapproché de leur famille : « Avant, Garance voyait ses grands-parents une fois par mois. Avant le confinement, elle les voyait toutes les semaines… » Maxime a pris le train en octobre et n'a noté aucun gros dysfonctionnement : « Je les ai tous eus. J'ai juste eu cinq ou dix minutes de retard quelques fois. C'est tout. » Lorsque le déconfinement permettra un retour au bureau, ils pensent faire deux ou trois jours de télétravail par semaine.

Ces deux couples illustrent-ils une tendance de fond ? Pas forcément. « On a eu beaucoup d'appels de gens intéressés, mais pas autant de ventes. On sent que ce sont les prémisses », estime Sophie Méhaye, directrice de l'agence MD Immobilier. Celle-ci note le retour d'un phénomène : celui des résidences secondaires.