Les réseaux sociaux, nouveau terrain de jeu des agents immobiliers

Les réseaux sociaux deviennent incontournables pour les agents immobiliers qui y trouvent une opportunité de diffuser auprès du plus grand nombre et de se démarquer.

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 Cédric Laporte, le patron de l’Agence de Villepreux, présente chaque bien en vente dans une vidéo à la manière d’un influenceur.
Cédric Laporte, le patron de l’Agence de Villepreux, présente chaque bien en vente dans une vidéo à la manière d’un influenceur. YouTube/Agence de Villepreux

« Demain, je vous montrerai un appartement dans le XVIIe arrondissement… » Il suffit désormais d'un post ou d'une story sur Instagram à Edouard Niepce, pour trouver un locataire à un appartement. Il n'est pas le seul à utiliser les réseaux sociaux pour son activité : les agents immobiliers y débarquent en masse. Un objectif? Gagner en notoriété et faire fructifier son affaire.

« J'ai 500 appartements en gestion, j'en ai une centaine chaque année à devoir relouer, expose Edouard Niepce, chargée de la location dans l'agence familiale. Les plates-formes immobilières actuelles ne sont pas adaptées à la recherche parisienne puisqu'en moins d'une heure, on peut recevoir une centaine de messages d'une centaine de personnes qui n'ont pas lu l'annonce… C'est du temps perdu pour tous. » Partant de là, Edouard Niepce a tenté de trouver une meilleure solution : ce fut Instagram. « J'ai la garantie que le candidat a tout bien vu avant d'envoyer son message. »

L'agent immobilier devra donc t-il devenir « influenceur » ? « Complètement ! affirme Cédric Laporte. L'agent immobilier doit devenir plus connu que le maire de sa commune ! » Directeur de l'Agence de Villepreux (Yvelines), blogueur, et fondateur de Conseiller influent, qui dispense des formations sur le numérique pour les agents immobiliers, il utilise les réseaux sociaux depuis plusieurs années. « L'arrivée du digital a permis dans l'immobilier de trouver de nouveaux canaux de diffusion afin de développer des prospects », explique-t-il.

«Communiquer sans être intrusif»

Cédric Laporte a lui-même, pendant une année entière, suspendu la prospection classique (flyers dans les boîtes aux lettres, porte à porte, etc.) au profit d'une stratégie 100 % numérique : « Notre chiffre d'affaires n'a pas baissé, voire a augmenté ! » Sur la chaîne YouTube de son agence, l'agent immobilier nous fait découvrir chacun de ses biens en vente et distille des conseils. Sur Instagram, il mise tout sur le visuel. Sur Facebook, il entretient le lien… « Il ne suffit pas de poster ses annonces immobilières, explique Cédric Laporte. Le commercial doit venir subtilement. »

Les réseaux sociaux, pour Stéphanie Foulquier, sont même « incontournables » et le seront d'autant plus avec le temps. Mandataire pour IAD à Paris, elle a pour unique vitrine une page Internet. Les réseaux sociaux sont donc son seul moyen de se faire connaître du grand public : « J'étais quasiment la seule à Paris à y communiquer quand j'ai commencé, mais maintenant plus personne ne peut s'en passer », témoigne cette ancienne directrice de communication et de marketing, qui a rejoint le réseau en 2014. « Mon objectif, c'est communiquer sans être intrusif afin d'élargir et fidéliser notre audience », explique Stéphanie Foulquier.

Attirer de nouveaux candidats

Sur Facebook, Instagram et LinkedIn – les trois plates-formes qu'elle utilise – elle poste tout : le selfie quand elle prospecte, les nouveaux biens qu'elle rentre, les signatures de vente… Attirer des vendeurs et des acquéreurs ? Pas seulement. « C'est aussi un moyen d'attirer de nouveaux candidats afin de développer encore plus rapidement le réseau », explique celle qui est aussi chargée de développement et formatrice chez IAD.

Tout n'est pas simple pour les agents immobiliers. « Il faut suivre les algorithmes », explique Edouard Niepce, qui s'est adapté à l'apparition des « réels » sur Instagram pour en créer. Et pas possible non plus de dupliquer le même contenu partout tant le public et le format sont différents. TikTok? Edouard Niepce s'y est essayé. « Mais il y a beaucoup de jeunes, je n'ai pas encore trouvé la bonne façon d'y communiquer », explique-t-il. Stéphanie Foulquier, elle, y réfléchit : « Il faut s'y mettre rapidement. »