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Immobilier : les Français sont à l’étroit chez eux

Quatre familles sur dix en France ne disposent pas d’une chambre par enfant. Une étude que Le Parisien révèle confronte le logement idéal à la réalité.

 A cause du manque d’espace, les appartements sont très souvent inadaptés au télétravail. (Illustration)
A cause du manque d’espace, les appartements sont très souvent inadaptés au télétravail. (Illustration) LP/Aurélie Ladet

De la verdure, de la surface, une pièce en plus pour télétravailler… Le confinement a fait naître, chez les Français, de nouvelles aspirations pour leur logement. La quatrième édition du baromètre Qualitel-Ipsos, dont Le Parisien révèle les résultats en avant-première, a interrogé les Français sur leur habitation idéale… bien en décalage par rapport à la réalité. Pour Antoine Desbarrières, le directeur de l'association Qualitel, ces résultats viennent « conforter des impressions qu'on pouvait avoir ».

Les jeunes et les familles les plus touchés par le manque d'espace. Il faut attendre 60 ans pour être satisfait de la taille de son logement. Alors que la surface idéale pour les 25-34 s'élève à 111 m2, ils en ont en réalité 20 m2 de moins. Les 35-44 ans disposent presque de deux fois moins de m2 par personne (37 m2) que les plus de 60 ans (64 m2). La situation est telle que 41 % des familles avec au moins deux enfants, en France, ne disposent pas d'une chambre par enfant, quand bien même c'est leur premier souhait (86 %), devant le jardin (82 %) et les toilettes séparées de la salle de bain (82 %).

Une région parisienne particulièrement touchée. Les prix élevés en région parisienne accentuent le sentiment d'étroitesse. Ainsi, dans l'agglomération parisienne, les 25-34 ans bénéficient en moyenne de 30 m2 par personne (39 m2 pour la France), mais de 28 m2 à l'âge de 35-44 ans, quand viennent les enfants. C'est seulement à leur départ que l'horizon se dégage : 34 m2 pour les 45-59 ans et 52 m2 pour les 60 ans et plus. « Cela pose des questions, notamment dans le logement social, où on se retrouve avec des appartements sous-occupés », relève Antoine Desbarrières.

L'appartement, un choix par défaut. L'envie de la maison n'est pas née avec le confinement, mais elle s'est confirmée et converti en acte depuis, dans certains départements où l'on constate un véritable boom. Selon le résultat du baromètre Qualitel-Ipsos, l'appartement est un choix « subi » : 58 % des Français qui y vivent aimeraient habiter une maison. 70 % de ces habitants ont besoin d'une pièce en plus contre 43 % pour ceux qui vivent en maison.

Des logements pas adaptés au télétravail. « Les enfants à la maison, un couple en télétravail, ce à quoi il faut ajouter le manque d'espace : pour beaucoup, le confinement n'a pas permis un télétravail dans de bonnes conditions », rappelle Antoine Desbarrières. Quatre Français sur dix ne disposent pas, chez soi, d'un bureau ou d'un coin bureau. 34 % estiment même que leur logement n'est pas adapté au distanciel.

Une hauteur sous plafond qui se réduit. Ce sont quelques centimètres, mais qui peuvent faire beaucoup. En 60 ans, la hauteur sous plafond dans les appartements a été réduite de 27 centimètres quand, dans le même temps, les Français ont grandi de 7 centimètres. La faute à des nouveaux modes de construction, mais aussi à une réduction sur la hauteur… « Cela pose des problèmes sur la circulation de l'air intérieur ainsi que sur le confort d'été », explique Antoine Desbarrières, qui plaide pour une prise de conscience des promoteurs et pouvoirs publics.