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Immobilier : les constructions en bois vont fleurir dans le Grand Paris

Alors qu’une nouvelle réglementation privilégiant le bas carbone va entrer en vigueur, le bois pourrait devenir le matériau favori des promoteurs en Ile-de-France. Exemple à Meudon, dans les Hauts-de-Seine.

 A Meudon (Hauts-de-Seine), le promoteur Woodeum va bâtir le plus grand ensemble résidentiel en bois de France (visuel d’architecte).
A Meudon (Hauts-de-Seine), le promoteur Woodeum va bâtir le plus grand ensemble résidentiel en bois de France (visuel d’architecte). Woodeum

Construire en bois, c'est possible. A Meudon (Hauts-de-Seine), Woodeum a lancé quelques jours avant Noël son chantier du plus grand ensemble résidentiel en bois de France. D'ici à 2023, ce sont ainsi plus de 280 logements qui seront livrés. Pour le promoteur spécialiste de ce type de construction, le projet est voué à devenir la vitrine de ce qui peut se faire dans le Grand Paris en utilisant ce matériau.

A Meudon, le chantier est gigantesque. «Il vient sceller le projet d'écoquartier de la Pointe-de-Trivaux», explique Julien Pemezec, président du directoire de Woodeum. Toute la structure sera en bois à partir du premier étage (les fondations restent en béton) : les murs porteurs, les façades ainsi que le plancher… Pour Julien Pemezec, pas de doute : «Ce projet est précurseur de ce qui se fera à l'avenir.»

La construction en bois en Ile-de-France représente aujourd'hui à peine 4% des logements neufs contre un peu plus de 6% au niveau national. Mais les acteurs appuient sur l'accélérateur. Vingt-huit aménageurs et maîtres d'ouvrage ont signé, début novembre, un pacte s'engageant à monter leur part de construction bois de 10 à plus de 40% (pour une surface totale de 1,2 million de mètres carrés) d'ici à 2025.

Un choix plébiscité par les Français

«C'est l'engagement d'un changement culturel au cœur même des entreprises car c'est beaucoup de choses qui changent : la façon de penser les projets, de les construire…» explique Céline Laurens, la déléguée générale de FiBois en Ile-de-France, l'organisme qui fait le lien entre les exploitants des forêts et les constructeurs en passant par ceux qui transforment le bois. C'est ce même engagement qui doit permettre à la filière, en amont, de s'organiser et d'investir avec la garantie d'un retour sur investissement.

La nouvelle réglementation RE2020, qui doit entrer en vigueur dans les prochains mois, est une planche de salut pour la construction bois. Elle vient favoriser le « bas carbone » en prenant en compte la construction dans le calcul énergétique. «Des grands groupes qui ne faisaient qu'occasionnellement du bois commencent à avoir des entités spécialisées sur le sujet», salue Céline Laurens.

Au-delà de la réglementation, ce sont les Français qui plébiscitent ce choix. Selon un sondage Ifop pour Woodeum, il est même le matériau numéro un dans leur cœur. «Avec les confinements, les habitants ont remis en avant les notions de bien-être avec un habitat qui doit redevenir un cocon, explique Julien Pemezec. Le bois est un élément qui le permet.»

Le prix reste un frein

Alors ? Le bois n'aurait que des atouts ? La durée des chantiers est réduite – les pièces sont préfabriquées en amont puis montées sur place –, les nuisances autour de ces chantiers moindres, le matériau est léger et permet de s'adapter plus facilement à l'environnement. Mais il y a un frein : son prix. «Sur les bâtiments hauts, on peut avoir un surcoût entre 5 et 10%», avoue Céline Laurens. Mais la déléguée générale en est convaincue : avec le développement du bois dans la région, les prix baisseront… Jusqu'à s'aligner avec le béton ?