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Immobilier : «Le confinement a accéléré les besoins de logistique urbaine»

Le confinement et la nécessité d’être livré plus rapidement accentuent les besoins de densifier plus encore les villes avec des structures de logistique et de stockage proches des clients.

 Les besoins de logistique devraient encore augmenter dans les prochaines années.
Les besoins de logistique devraient encore augmenter dans les prochaines années. LP/Sébastien Blondé

Si pour le client final, elle se traduit par quelques lignes sur une page de suivi, la logistique se révèle en fait bien plus complexe qu'il n'y paraît. Alexandre Fraigneau, à la tête du département logistique chez Savills, en connaît toutes les particularités et spécificités. Il explique l'importance d'un maillage dense et l'intérêt que peuvent avoir les acteurs de la logistique à travailler avec les bailleurs sociaux…

Comment est organisée la logistique aujourd'hui ?

ALEXANDRE FRAIGNEAU. Plus on s'éloigne des centres urbains, comme Paris, plus on a des entrepôts de grandes tailles. Plus on s'en rapproche, plus ils sont petits. Leur taille se réduit encore un peu plus en petite couronne avec des espaces de 3 000 - 5 000 mètres carrés, davantage utilisés pour organiser la distribution avec des véhicules plus petits. Une fois dans la ville, nous avons des espaces adaptés à la logistique du « dernier kilomètre » : ce sont des parkings ou caves inutilisés, des casiers comme ceux d'Amazon dans les gares, des magasins qui font du relais colis, etc.

Quel est l'intérêt de disposer d'un maillage dense dans les villes ?

Une des finalités de la logistique urbaine, c'est de pouvoir livrer en temps et en heure. Le confinement a accéléré ce besoin : on a tous commandé par Internet et on a tous eu besoin d'être livré rapidement, dans la journée, en 24, 48 ou 72 heures. La logistique urbaine rélève aussi d'un enjeu écologique : elle permet une livraison verte, via les vélos cargos par exemple, et d'éviter que les camions rentrent dans les villes.

Comment fait-on pour mailler les villes ?

Le foncier est de plus en plus rare dans les villes et les prix montent. Les promoteurs qui veulent acheter pour construire du logement ont souvent un business model qui fait qu'ils peuvent proposer davantage que les acteurs de la logistique… Mais cela commence à changer et ces acteurs deviennent compétitifs. Les élus doivent aussi faire preuve d'une volonté totale d'intégrer la logistique dans la ville et dans le tissu urbain. Là où l'on va manquer de logements, comme à Paris, on va préférer construire des logements et on peut donc penser à un projet mixte : des logements dans les étages, des services en rez-de-chaussée et de la logistique en sous-sol.

Pourquoi les bailleurs sociaux sont des partenaires intéressants ?

Les bailleurs sociaux, mais aussi toutes les structures étatiques ou publiques, possèdent des emplacements stratégiques dans les villes, avec des emprises foncières extraordinaires, parfois inutilisées. C'est notamment avec eux qu'il faut travailler. C'est plus facile car on peut travailler, ensemble, d'une seule voix sans qu'il y ait de qui proquo.

Vers quoi doit tendre la logistique ?

Le maillage de la logistique urbaine à Paris doit être le point de départ de la réflexion pour les plus grandes villes de France, où l'on peut dupliquer le modèle, mais la logistique doit suivre les évolutions de la société. Le modèle est encore très récent : les habitudes de consommation évoluent très rapidement. Mais si nous n'avons pas, à ce stade, assez de recul pour savoir combien de mètre carré de logistique il faudrait, on peut être certain que les besoins vont augmenter.