Immobilier : la start-up orléanaise Cotoit séduit les petits copropriétaires

Très disputé, le secteur du syndic de copropriétés voit arriver des concurrents numériques, comme l’Orléanais Cotoit, qui a déjà séduit 130 copropriétés en un an.

 La start-up orléanaise Cotoit a maintenu ses AG de copropriétaires pendant le confinement.
La start-up orléanaise Cotoit a maintenu ses AG de copropriétaires pendant le confinement. DR/Archives Cotoit

L'ubérisation des taxis a désormais un équivalent dans le syndic de copropriétés, un secteur dominé par de grandes entreprises telles que Foncia, Citya, Century 21, Square Habitat… Ces acteurs historiques de l'immobilier sont aujourd'hui concurrencés par des start-up, à l'instar de Syndic One, Bellman et Homeland.

Créée par des cadres du Crédit Agricole Centre-Loire, la start-up Cotoit rencontre un succès insolent, en partie grâce à la crise sanitaire, puisque les outils de visioconférence utilisés pour les AG ont permis à ses clients de poursuivre leurs réunions à distance.

Depuis son lancement commercial en septembre 2019, Cotoit a convaincu plus de 130 résidences, soit 850 lots gérés. Parmi eux, Pascale Renaud, une récente retraitée propriétaire d'un appartement sur le quai Barentin en bord de Loire à Orléans. « Notre gestionnaire d'immeuble précédent ne répondait plus à nos mails. Des portes intérieures avaient été changées sans qu'on obtienne les clés. J'ai su plus tard qu'il avait quitté l'entreprise, mais personne ne nous avait prévenus », raconte l'ancienne assistante de direction.

Démarrage canon en Ile-de-France

Elle et les quatre autres propriétaires de l'immeuble cherchent alors une solution. « Nous pouvions reprendre la gestion en syndic bénévole. Mais je ne sais pas faire, il faut connaître les lois. Et puis imaginons qu'un copropriétaire refuse de payer sa part, ou qu'un locataire ne veuille pas assurer son tour de poubelles ? Je ne voulais pas de problèmes », dit la copropriétaire. Leur choix s'arrête sur Cotoit.

En une petite année, la comparaison des factures est révélatrice : « Nous payions 1 350 € par an auparavant contre 600 € cette année », calcule Mme Renaud, qui précise aussitôt : « Nous avions plus de prestations dans l'ancien forfait, mais nous ne les utilisions pas ».

Cotoit, qui a mobilisé plus d'un million d'euros d'investissement, espère séduire les autres caisses régionales du Crédit Agricole, ainsi que la direction nationale pour devenir une offre à part entière de Square Habitat, le réseau d'agences immobilières de la banque verte.

Du coup, ce sera de la concurrence interne. « Pas vraiment, assure Luigi Del Moral, dirigeant de cette start-up de 8 personnes. Square habitat est mieux armé pour les grandes résidences. Cotoit répond aux petites copropriétés avec du sur-mesure ». Outre Orléans sa ville natale, Cotoit connaît un démarrage très fort en région parisienne.