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Immobilier en Ile-de-France : le prix des appartements en baisse, celui des maisons augmente

Les notaires du Grand Paris ont dressé quelques perspectives pour le marché de l’immobilier en 2021 lors de leur point de conjoncture du troisième trimestre. Les voici.

 Illustration. Les maisons continuent d’attirer les acheteurs. Le manque de biens et la demande font grimper les prix.
Illustration. Les maisons continuent d’attirer les acheteurs. Le manque de biens et la demande font grimper les prix. LP/A.-L. A.

Malgré l'incertitude concernant l'impact de la crise sanitaire sur le marché de l'immobilier et alors que la reprise des visites de logements dès ce samedi a été annoncée, la chambre des notaires du Grand Paris a dressé ce jeudi le bilan du troisième trimestre 2020 et confié ses perspectives pour le début d'année 2021. Nous vous en détaillons le contenu.

Les 11 000 euros du mètre carré à Paris ne seront pas atteints. Contrairement à ce qu'ils avaient initialement projeté, ce prix emblématique ne sera pas atteint ni en fin d'année, ni début 2021. « On était trop optimistes », glisse Elodie Frémont, notaire à Paris. Le volume de vente sur douze mois a nettement reculé (-18%) et l'évolution des prix s'est affaiblie (+ 6,9% au 3e trimestre, contre 7,8% au 2e).

Les prix pourraient ainsi s'orienter à la baisse avec une moyenne de 10 700 euros attendue en janvier et la hausse pour l'ensemble de 2020 pourrait devenir la plus faible d'Ile-de-France. « Les acquéreurs trouvent les prix trop chers et regardent en petite et grande couronne. L'envie de vert, le télétravail et la baisse d'attrait de Paris avec la fermeture des restaurants et des théâtres sont des facteurs qui expliquent ce phénomène », reprend Elodie Frémont.

En petite couronne, légère baisse attendue pour les appartements et hausse pour les maisons. Que ce soit pour les appartements ou les maisons, les volumes de ventes sont en recul (-29% et -36%) comparé au 3e trimestre 2019 dans les Hauts-de-Seine, le Val-de-Marne et la Seine-Saint-Denis. Pour ces deux types de biens, le Val-de-Marne est le département où la baisse est la moins marquée.

Compte tenu de l'évolution annuelle au 3e trimestre (+ 6,8%, contre + 7,7% au 2e trimestre), les prix des appartements pourraient très légèrement s'éroder dans les prochains mois, même si on observe de belles poussées comme à Saint-Denis (+ 9,7%, 3 840 euros/m²) ou Asnières-sur-Seine (+9,5% en un an, 6720 euros/m²)... A l'inverse, le prix des maisons s'amplifie (+5,5% sur un an au 3e trimestre contre +4,9% au 2e trimestre) et la hausse devrait s'intensifier d'ici à janvier. Avec les avant-contrats, les notaires prévoient une évolution annuelle de 9,5% sur le dernier trimestre (novembre 2020-janvier 2021).

Même chose en grande couronne. La hausse annuelle des prix des appartements reste soutenue au troisième trimestre (5,1 % contre 5,5 % au 2e) mais elle devrait continuer à s'atténuer en janvier (4,5 % attendus) en grande couronne (Seine-et-Marne, Yvelines, Essonne et Val-d'Oise). Les prix pourraient ainsi très légèrement baisser entre octobre et janvier. Comme en petite couronne, l'engouement pour les maisons se confirme. Pour la première fois, la moyenne des prix des maisons dépasse les 300 000 euros. La Seine-et-Marne reste le département le moins cher (252 700 euros) et celui des Yvelines le plus cher (399 300 euros). Les hausses annuelles de prix devraient s'intensifier sur le dernier trimestre pour atteindre 6,2%, contre 4,5% au 3e trimestre. A titre d'exemple, Herblay et Argenteuil (Val-d'Oise) ont connu de fortes hausses sur un an : +14,1% (377 600 euros) pour la première et +10,6% (327 000 euros) pour la seconde.

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« Le manque de produits fait augmenter les prix. Faut-il s'attendre à une inversion de tendance ? C'est prématuré de le dire. Tout dépend de la durée de la crise et des rebondissements… », note Christian Godard, notaire à Claye-Souilly (Seine-et-Marne).