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Immobilier : des maisons à 4200 euros le mètre carré... pourquoi Sartrouville a la cote

À 20 minutes de Paris avec le RER A, la ville des Yvelines se révèle être une pépite pour fuir les prix élevés des environs. Le prix des maisons y a augmenté de plus de 20 % en un an.

 Le prix des maisons à Sartrouville a bondi de 20 % en un an, selon les notaires.
Le prix des maisons à Sartrouville a bondi de 20 % en un an, selon les notaires. LP/Aubin Laratte

« Nouvelle nuit de tension », « un refus d'obtempérer dégénère », « affrontements entre deux bandes de jeunes ». Sartrouville, dans les Yvelines, n'a aux premiers abords rien de reluisant et supporte, comme un fardeau, une mauvaise image. Mais il n'empêche, la ville de près de 52 000 habitants attire ! « Sartrouville, ça devient même un peu guindé », résume Eva Gausserand, à la tête de l'agence immobilière Stéphane Plaza.

Un regard sur la carte de Meilleurs agents nous montre une commune à gros contrastes. Au sud, dans le centre-ville, à proximité de la gare, on trouve les coins les plus chers. Plus on monte au nord, plus les prix baissent et, sur le terrain, plus le décor change avec l'arrivée de grands ensembles immobiliers dans le paysage. Un grand écart que l'on voit sur les prix : de plus de 4500 euros le mètre carré dans le centre-ville, dans le quartier de La Plaine-Nord, contre un peu plus de 2600 euros le mètre carré dans le quartier de La Marinière-Nord.

Immobilier  : des maisons à 4200 euros le mètre carré... pourquoi Sartrouville a la cote

« Le marché est porteur car on a le RER A qui nous emmène à La Défense en 12 minutes et au centre de Paris en 20 minutes », explique Fabien Pacaud, à la tête de l'agence Orpi de Sartrouville. « Nous avons un secteur très prisé qui concentre les quelques rues autour de la gare, explique Eva Gausserand. On recherche à moins de dix minutes à pied, quinze minutes c'est déjà loin… » Les acquéreurs ? Les Parisiens et les habitants des Hauts-de-Seine, locataires qui veulent acheter ou propriétaires qui veulent avoir plus grand.

«Sartrouville, c'est un choix par défaut»

Avec un prix de l'immobilier plus de deux fois moins cher que dans la capitale (entre 3900 euros le mètre carré pour les appartements et 4250 euros le mètre carré pour les maisons en moyenne, au 1er septembre), Sartrouville est le marché de report idéal.

« Sartrouville, c'est un choix par défaut, relève Fabien Pacaud. Les gens ils vont à Saint-Germain-en-Laye, ils s'étouffent vu le niveau des prix. Puis ils vont au Vésinet : pareil. Puis ils regardent le trajet du RER A et ils voient Sartrouville où c'est deux fois moins cher. »

Depuis la gare de Sartrouville, avec le RER A on rejoint la Défense en 12 minutes et le centre de Paris en 20 minutes. LP/Aubin Laratte
Depuis la gare de Sartrouville, avec le RER A on rejoint la Défense en 12 minutes et le centre de Paris en 20 minutes. LP/Aubin Laratte  

À la sortie du confinement, les agences immobilières ont d'ailleurs dû faire face à une vague de Parisiens à la recherche d'espace, d'un extérieur ou même d'une maison (elles représentent un peu plus d'un tiers des logements). « Certains étaient même prêts à signer sans visiter », se souvient Eva Gausserand. « Une maison au bon prix, en centre-ville, près de la gare, elle se vend en deux jours si ce n'est une journée », expose la directrice d'agence. Les notaires notent sur le deuxième trimestre, une augmentation des prix des maisons dans la commune de 21,2 % sur un an. Un record!

La résurrection du nord ?

Fabien Pacaud chez Orpi est, lui, à la rentrée, toujours dans le « rush ». Il y a quelques jours, il a vendu un appartement à une fonctionnaire d'une trentaine d'années en provenance de la capitale. « Elle louait un deux-pièces à Paris pour 900 euros par moi, elle achète ici un trois-pièces avec balcon à 200 000 euros, ça lui fait payer 680 euros par mois de mensualités de crédit avec les charges ! » Un calcul que font nombre d'acquéreurs, quand vient l'envie de fonder sa famille.

Passé le rayon des 10 minutes à pied de la gare, les acquéreurs sont différents. « Ce sont des gens qui y habitent déjà et qui achètent autre chose ou des gens qui viennent des communes voisines », explique Eva Gausserand. Mais Fabien Pacaud commence à voir un intérêt croissant pour la zone, autrefois délaissée : « Sur les 13 ventes ce mois-ci, j'en ai 6 là-haut ! » « Les prix y sont très bas et ce n'est plus ce que c'était avant, l'endroit a changé avec la destruction de plusieurs tours et la refonte des quartiers », explique l'agent immobilier.

L'heure du « nord » pourrait bientôt arriver. Une nouvelle gare doit être construite dans le quartier des Indes afin d'accompagner, à l'horizon 2027, le prolongement de la ligne 11 Express du tramway d'Île-de-France, déjà en service entre Epinay-sur-Seine et Le Bourget (Seine-Saint-Denis). Un projet qui pourrait faire sortir le quartier de sa torpeur. Fabien Pacaud en est convaincu : « Celui qui y achète aujourd'hui un pavillon à 230 000 euros pourra facilement le revendre 300 000! »