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Immobilier : +20%, les maisons de la petite couronne atteignent «des prix délirants»

Avec la flambée des prix dans la capitale, la clientèle parisienne s’est reportée ces dernières années sur la banlieue, et notamment les villes de la petite couronne, ce qui a eu pour effet de faire monter les prix.

 Maisons-Alfort (Val-de-Marne), jeudi dernier. Maisons-Alfort est la ville d'Ile-de-France où le prix des maisons a le plus augmenté en trois ans selon Meilleurs Agents.
Maisons-Alfort (Val-de-Marne), jeudi dernier. Maisons-Alfort est la ville d'Ile-de-France où le prix des maisons a le plus augmenté en trois ans selon Meilleurs Agents. LP/ A.-L. A.

Des hausses de 22 %, 20 %, 17,7 %! Certaines villes de la petite couronne parisienne (Hauts-de-Seine, Seine-Saint-Denis et Val-de-Marne) ont vu le prix des maisons bondir ces trois dernières années. C'est le cas dans le Val-de-Marne à Maisons-Alfort (+ 22 %) et Villejuif (+ 20 %), ainsi qu'en Seine-Saint-Denis, à Montreuil (+ 17,7 %), qui arrivent en tête des chiffres communiqués par Meilleurs Agents sur la petite et la grande couronne.

Ces communes, autrefois ouvrières pour la plupart d'entre elles, ont peu à peu attiré des candidats cherchant de l'espace et fuyant Paris avec ses prix mirobolants. Ce cocktail, mêlant pouvoir d'achat accru et forte demande, a eu pour conséquence de faire monter les prix sur ce marché de report.

«J'ai cinquante acheteurs potentiels pour une annonce»

« C'est une réalité. Ça a explosé ! confirme Loïc N'Diagbeni, directeur de Direct immobilier, une agence de Maisons-Alfort. Ici, le mètre carré d'une maison varie selon lui de 5 000 euros dans le quartier Verts-de-Maison à 6500 euros dans le quartier de Charentonneau. « Une maison, tout le monde en rêve, mais ici, il y en a très peu (NDLR : la part des maisons est de 16,2 % selon Meilleurs Agents). Et quand il y en a, ça se vend en trois jours. J'ai cinquante acheteurs potentiels pour une annonce », reprend le professionnel.

La proximité de Paris, l'accès direct à l'autoroute A4 et la présence de trois stations de métro (ligne 8) et deux gares RER (D) séduisent, tout comme l'agréable centre-ville et les bords de Marne. La clientèle est essentiellement locale et constituée de Parisiens. L'agent l'avoue lui-même : « On vend parfois à des prix délirants. On tente des coups et c'est vendu en une semaine! », s'exclame-t-il. Mais le vent est, semble-t-il, en train de tourner. « J'ai l'impression que ça se termine. Depuis deux trois semaines, on a moins d'acheteurs. Je pense que les prix vont se tasser. »

Une clientèle parisienne qui veut de l'espace

À Villejuif, Patrick Hebert, gérant de l'agence Laforêt, est un peu surpris par l'augmentation affichée par Meilleurs Agents (+ 20 %), mais corrobore la poussée qu'il jauge à + 4-5 % en un an. « Les prix affichés ont beaucoup augmenté et on a beaucoup moins de produits à vendre qu'avant », estime-t-il. La clientèle, à 90 % parisienne selon lui, veut de l'espace et du terrain : « On est aux alentours de 5 000 euros le mètre carré. Pour un Parisien, on est de quatre à deux fois moins cher, tout en étant proche de Paris. C'est intéressant. »

Et citer les trois stations de métro (ligne 7), le tram pour Orly, la proximité de l'autoroute du sud… Sans oublier les deux futures gares du Grand Paris Express, le supermétro qui mettra la Défense à 31 minutes de Villejuif. Deux quartiers sont particulièrement courus pour les maisons : les Barmonts au nord et le Plateau, à la limite de Vitry-sur-Seine. Avec les restrictions liées au Covid, comme la fermeture des bars, il penche vers une baisse d'attrait pour Paris et un report renforcé sur la banlieue, notamment la petite couronne. « La pierre est une valeur refuge en cas de crise. Donc je pense qu'on va continuer à vendre. Maintenant, il ne faut pas que le chômage augmente trop. » Côté prix, il ne pense pas que cela va augmenter.

Depuis le déconfinement, les franciliens cherchent à s’éloigner de Paris. GAEL CORNIER/LE PARISIEN
Depuis le déconfinement, les franciliens cherchent à s’éloigner de Paris. GAEL CORNIER/LE PARISIEN  

Laurent Brient, responsable de l'agence Guy Hoquet-mairie à Montreuil (Seine-Saint-Denis) prévoit lui aussi un plafonnement : « Les prix étaient très élevés. Ils sont stables pour l'instant. Depuis peu, on constate un petit ralentissement. On sent que les gens tâtonnent. Si on continue comme ça pendant six mois, on aura une baisse. »

Une maison de 100 mètres carrés à 550 000 euros à Montreuil

Montreuil est, selon Meilleurs Agents, la troisième ville à avoir connu la plus forte augmentation de prix en trois ans (+ 17,70 %). La ville est un marché de report du marché parisien. « Depuis 2015, beaucoup de Parisiens se sont rapatriés ici. La ville ne souffre plus de la mauvaise image que peut avoir le 93. On a pas mal de maisons et comparé au reste de la petite couronne on reste accessible », pointe-t-il. Ceux qui ont acheté en 2014 ont selon lui fait de véritables « culbutes ». Le début des travaux du prolongement de la ligne 11 du métro a également joué.

Ici, on peut avoir une maison de 100 mètres carrés à 550 000 euros dans le quartier Boissière, par exemple, ce qui corrobore le prix moyen au m² établi par Meilleurs Agents (5494 euros/mètre carré), mais attention, il y a de grandes disparités selon les quartiers. « Si on se rapproche de Vincennes ou de Paris, comme le bas Montreuil ou le centre-ville, et que l'on veut un jardin, on est plutôt proche du million », prévient-il. Il est possible d'avoir une maison à 350 000 euros vers le parc Montreau, mais c'est plus loin des transports.