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Ile-de-France : les espaces de coworking fleurissent en grande couronne

En grande périphérie parisienne, des centres de coworking s’ouvrent pour répondre aux besoins des indépendants, PME mais aussi salariés qui cherchent un bureau pour travailler près de chez eux.

 Versailles, jeudi 8 octobre 2020. Le centre de coworking Stop & Work ouvert depuis janvier devant la gare de Versailles Chantier attire les chefs d’entreprise et les indépendants de l’ouest parisien qui ne veulent plus aller travailler à Paris.
Versailles, jeudi 8 octobre 2020. Le centre de coworking Stop & Work ouvert depuis janvier devant la gare de Versailles Chantier attire les chefs d’entreprise et les indépendants de l’ouest parisien qui ne veulent plus aller travailler à Paris. LP/Florence Hubin

« Ici on a le TGV, et on est à 12 minutes de Montparnasse. » Tom et Guilhem font partie des privilégiés, ils le reconnaissent eux-mêmes, qui peuvent se rendre au bureau le matin en quelques minutes à vélo pour l'un, à pied pour l'autre. Ils ont choisi d'installer leur société dans un centre de coworking ouvert en janvier face à la gare de Versailles-Chantier dans les Yvelines, desservie par le Transilien, le RER C et une gare routière.

Après avoir séduit les créateurs d'entreprise et les indépendants au cœur de la capitale et dans les quartiers d'affaires, les espaces de coworking s'éloignent aujourd'hui de Paris pour gagner la périphérie.

Une demande en progression

« Plus on s'éloigne du centre de Paris et plus la demande est forte ces derniers mois (+ 54 % après le déconfinement) », constate Christophe Burckart, directeur général de Regus et Spaces, enseignes de coworking présentes dans les quartiers d'affaires de Paris et La Défense et partout dans le monde, « D'où le succès de nos centres Stop and work, ouverts dans des zones résidentielles. » Des lieux de taille plus modeste installés à Bourg-la-Reine (Hauts-de-Seine), Bezons (Val-d'Oise), voire dans l'Oise, à proximité des domiciles des travailleurs.

Pour Tom Pullen, à la tête de la start-up Innovinco depuis trois ans, le déclic s'est produit après les grandes grèves de transport de décembre 2019. « Nos locaux étaient dans le XIIIe arrondissement, à la Station F (NDLR : un grand campus de start-up basé à Paris) depuis deux ans et demi, et j'habite à Versailles, raconte le quadra. Le 2 janvier, j'étais ici. Pendant le confinement, on a été obligé de travailler à domicile. Mais j'aime bien séparer la vie professionnelle et la vie de famille. »

«Attirer les talents sans être au cœur de Paris»

« Ce choix résulte de plusieurs critères », énumère Guilhem Sanmarty, cofondateur avec quatre associés d'une société créatrice d'un logiciel d'analyse des mobilités qui a quitté le pôle de recherche du plateau de Saclay dans l'Essonne, trop isolé, pour la gare de Versailles - Chantier, « Ici on a la gare, la pluralité de services, un stade et la forêt pas loin. On souhaitait attirer les talents parisiens sans être au cœur de Paris. »

Attirer les talents est un objectif partagé par grandes et petites entreprises. Florent D'Amato, directeur commercial de l'agence de presse E-pige, a tiré la leçon d'une précédente installation. « J'ai eu précédemment des bureaux dans une petite commune des Yvelines mal desservie et ça m'a posé de vrais problèmes de recrutement. Je ne voulais plus avoir ce frein », confie celui dont l'équipe commerciale est désormais installée à Versailles, « J'ai un collaborateur qui vient du XVIIIe facilement. Et moi qui avais l'habitude de me déplacer en voiture, depuis janvier je ne prends plus que les transports, car je peux venir en bus depuis mon domicile de Saint-Cyr (Yvelines). » Florent, qui vivait auparavant à Levallois (Hauts-de-Seine), est ravi de son cadre de vie et de travail. Ses visiteurs aussi. « Les Parisiens qui viennent ici apprécient », constate-t-il.

Versailles, jeudi 8 octobre 2020. Il reste encore pas mal de place au centre Stop & Work, rempli à 50 % pour l’instant. LP/F.H.
Versailles, jeudi 8 octobre 2020. Il reste encore pas mal de place au centre Stop & Work, rempli à 50 % pour l’instant. LP/F.H.  

Le centre Stop & Work, rempli à moitié, accueille aussi des salariés. « Les entreprises gardent un siège mais cherchent des lieux de travail à proximité du domicile de leurs salariés », assure Christophe Burckart, à la tête de Regus, « On a des clients qui nous demandent davantage de badges d'accès que de postes de travail, ce qui signifie qu'un même poste peut être utilisé par plusieurs personnes. »

« Avec la pandémie, plusieurs grandes entreprises de Versailles n'ont pas renouvelé les baux de certains de leurs locaux, confie Dimitri Richard, responsable du Stop & Work de Versailles. Une partie de leurs salariés passe une semaine ici et une semaine dans leur entreprise en flex-office. »