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Fin 2019, les prix de l’immobilier en Ile-de-France et dans l’Oise font une (légère) pause

D’après le baromètre du Parisien sur les prix de l’immobilier ancien, réalisé avec Meilleurs agents, on constate un frein sur l’augmentation des prix. Il s’agit surtout d’un effet saisonnier.

 Au 1er novembre, les prix en Ile-de-France montrent une certaine stabilité. (Illustration)
Au 1er novembre, les prix en Ile-de-France montrent une certaine stabilité. (Illustration) LP/Julien Barbare

Un ralentissement… pour mieux repartir? Le baromètre des prix des appartements anciens, réalisé par Le Parisien en partenariat avec Meilleurs agents, montre un ralentissement de l'augmentation des prix en Ile-de-France, mais il cache plutôt une pause avant une année 2020 qui prévoit d'être aussi intense que 2019. Département par département, commune par commune, et quartier par quartier pour Paris, découvrez le détail des prix de l'immobilier chez vous.

Un ralentissement saisonnier à Paris. Le franchissement de la barre symbolique des 10 000 euros le mètre carré n'a pas freiné l'augmentation des prix à Paris. Au 1er novembre, il s'élève à 10 115 euros le m2. Si les chiffres montrent un ralentissement du rythme (+ 1 % sur trois mois, contre + 2,1 % dans notre dernier baromètre ), avec même une baisse sur trois mois dans huit quartiers, cela révèle plus d'un effet saisonnier, classique à la sortie de l'été, et ne prédit pas une inversion de la courbe, en continuelle augmentation depuis des années dans la capitale.

Les chiffres donnent toujours le même tournis lorsqu'on regarde sur une plus longue durée : en cinq ans, les prix dans la capitale ont augmenté de 29 %, de 48,8 % sur la même période pour le seul quartier Champs-Élysées –, et de plus de 55 % en dix ans !

Même effet en banlieue. C'est notamment le cas en Seine-Saint-Denis et dans le Val-de-Marne où, sur trois mois, les prix évoluent « seulement » entre 0,3 et 0,8 % selon les communes. On se retrouve même avec des prix qui baissent, quand on regarde de plus près, sur cinq ans : - 9,7 % à Montfermeil (Seine-Saint-Denis), - 7,7 % à Ablon-sur-Seine (Val-de-Marne), - 6,3 % à Bonneuil-sur-Marne (Val-de-Marne).

Symbole de ce ralentissement : le Val-d'Oise (- 0,6 %) qui affichait déjà une baisse en octobre, c'est maintenant aussi le cas de la Seine-et-Marne (- 0,2 %), la Seine-Saint-Denis (- 0,3 %) et l'Oise (-0,5 % sur trois mois et - 8,7 % sur cinq ans).

Pas encore d'effet Grand Paris Express. « Il n'y a pas encore d'évolution des prix liée au futur réseau de transport », assure Thierry Delesalle, notaire à Paris.

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Ainsi, à Chevilly-Larue (Val-de-Marne), qui sera reliée en 2024 par la ligne 14, on constate une baisse de 1,6 % des prix. Même constat au Bourget (Seine-Saint-Denis), qui sera desservi en 2024 par la toute nouvelle ligne 17 : les prix baissent de 7,4 % sur cinq ans. Il faudra probablement attendre encore un peu, quand la mise en service des lignes du supermétro sera plus concrète, pour voir les prix bouger.

Illustration à Saint-Ouen (Seine-Saint-Denis), uniquement desservie par la ligne 13 saturée, qui dès l'été prochain sera reliée par la ligne 14 : les prix ont augmenté dans la commune, en cinq ans, de 41,8 % la plus haute augmentation de toute la région, hors Paris!

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Thomas Lefebvre, directeur scientifique de Meilleurs Agents/DR
Thomas Lefebvre, directeur scientifique de Meilleurs Agents/DR  

«On est sur une dynamique ultra-positive pour 2020»

Directeur scientifique de Meilleurs agents, Thomas Lefebvre analyse le marché de l'immobilier en Ile-de-France et Oise et projette ce qui en sera pour l'année 2020. Pour lui, rien ne devrait changer et les prix devraient continuer à augmenter.

Que peut-on dire du marché de l'immobilier, en cette fin d'année, pour notre région ?

THOMAS LEFEBVRE. On est sur un marché qui reste très dynamique. On a connu un petit ralentissement qui est plus un effet saisonnier que structurel. On constate le même plat l'année dernière et l'année précédente. Cependant, on voit sur le mois de novembre, selon les chiffres que nous avons, que ça repart. Il y a deux principaux moteurs de l'augmentation des prix : des taux d'emprunt très bas, et qui baissent encore, ce qui permet d'améliorer les capacités de financement des gens, et la baisse du chômage qui permet à des gens qui retrouvent un emploi d'acheter.

À quoi doit-on s'attendre pour 2020 ?

On devrait rester sur une dynamique semblable à celle de 2019. Il n'y a pas de raison pour que cela change ! Au regard des prévisions de l'Insee, qui prévoit une baisse du chômage, et des annonces de la BCE, qui n'envisage pas de remonter les taux, on est encore sur une dynamique ultra-positive pour l'année à venir.

On voit que la barre des 10 000 € à Paris n'a pas freiné l'augmentation des prix. Jusqu'où peuvent-ils aller ?

Jusqu'où précisément, on ne sait pas! Mais il reste encore une marge. Les capacités de financement des Parisiens et Franciliens sont aujourd'hui bien au-delà des prix : c'est d'ailleurs pour cela qu'on ne peut pas dire q u'on est dans une bulle spéculative.

On constate des prix en hausse partout, sauf dans l'Oise. Comment l'expliquer ?

C'est une question de connexion. L'Oise n'est pas proche de Paris ou de sa banlieue, en transports en commun comme en voiture. Aujourd'hui, ce qui fait augmenter les prix, c'est le métro. On le voit très bien : dans les communes connectées au métro parisien, les prix flambent. Le Grand Paris Express pourra redistribuer les cartes et des villes enclavées, comme Bagneux (Hauts-de-Seine) par exemple, où les prix sont aujourd'hui 30-40 % moins élevés, vont se retrouver sous la lumière.