Fermeture prolongée des remontées mécaniques : le désespoir des loueurs à la montagne

La prolongation de la fermeture des remontées mécaniques fait plonger les taux de réservations dans les stations de ski.

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 Déjà désertée durant la période de Noël, Val-Thorens (Savoie), plus haute station de ski d’Europe perchée à 2 300 m d’altitude, devrait connaître une affluence aussi faible durant les vacances de février.
Déjà désertée durant la période de Noël, Val-Thorens (Savoie), plus haute station de ski d’Europe perchée à 2 300 m d’altitude, devrait connaître une affluence aussi faible durant les vacances de février. LP/Thomas PUEYO

Ce sera une saison blanche… Ou noire. Quelque que soit la couleur, c'est un coup dur pour les hébergeurs à la montagne qui voient leur chiffre d'affaires fondre comme neige au soleil depuis l'annonce, ce mercredi, de la prolongation des fermetures des remontées mécaniques. Et les appels à l'aide des professionnels n'auront servi à rien. Certains ne vont pas rouvrir… avant Noël prochain. D'autres vont quand même laisser quelques résidences ouvertes au cas où. Enfin, quelques-uns ont même décidé de ne plus communiquer du tout.

Certes, ce n'est pas une surprise. Beaucoup avaient anticipé la prise de position du gouvernement. Ainsi Géraud Cornillon, le patron de Terrésens (2000 lits, 8 résidences), qui n'avait déjà pas ouvert à Noël, a prévu de reprendre l'activité location… mais pas avant Noël 2021. « Il ne faut pas se leurrer, sans les remontées, on aura quasiment personnes, analyse-t-il. Et il n'y a aucune chance qu'elles rouvrent à Pâques, ça coûterait trop cher pour un fonctionnement limité à un ou deux mois ».

Laurent Dussolier, directeur général d'Odalys (10 000 lits, 70 résidences), va tout de même ouvrir les réservations. Probablement sur une vingtaine de résidences. Mais sans grand espoir. « A Noël, avec cette configuration, nous avons eu entre 15 et 20 % de taux de remplissage mais février, ce n'est pas le même esprit, souligne-t-il. C'est moins familial, les gens viennent vraiment pour skier. Et on ne peut même pas compter sur la clientèle étrangère ».

Des gros rabais de -30 à -50 %

Alors l'entreprise s'adapte. Et imagine des séjours qu'elle n'aurait jamais pensé proposer à une telle période. « Nous mettons en place des courts séjours de 2 ou 3 jours pour essayer d'attirer une clientèle plus locale, poursuit-il. En temps normal, nous n'avons rien en dessous d'une semaine. Mais on essaie de limiter la casse ».

Chez le gestionnaire premium Cimalpes, qui s'occupe de louer des appartements de propriétaires, les temps sont durs également. Le cofondateur, Benjamin Berger, prévoit un taux d'occupation de 5 % à 15 %. Là aussi, l'adaptation est le maître mot. « On va essayer de proposer de très gros rabais allant de - 30 % à - 50 %, insiste-t-il. Pour certains logements luxueux, c'est vraiment une affaire ».

Signe d'une situation très tendue, le groupe Pierre et Vacances (65 résidences) refuse aujourd'hui de communiquer alors qu'il s'exprimait dans nos colonnes encore en décembre.

Personne ne parie sur un retour à la normale pour les vacances de Pâques. Quant à l'été, seul Odalys mise dessus. « C'est 25 % de notre chiffre d'affaires donc a priori, on compte dessus », parie Laurent Dussolier. Mais chez Terrésens, le jeu n'en vaut pas la chandelle. « Les locations sont 3 à 4 fois moins chères qu'en hiver, décrypte Géraud Cornillon. Mais nos frais, eux sont fixes ».

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Tous espèrent maintenant un geste de l'Etat et surtout des banques afin de reculer les échéances de remboursement des différents prêts. Certains estiment leur baisse de chiffre d'affaires à près de 90 %.