Dans l’Aisne, pour vendre son commerce, une fleuriste obligée de jouer les banquiers

Pour réussir à céder son commerce, Maryse Brunel mise sur la « vente à terme ».

 Le Nouvion-en-Thiérache (Aisne). Fleuriste, Maryse, 68 ans, travaille actuellement en click and collect et a vu par le passé plusieurs candidats à la reprise de son commerce ne pas obtenir de prêt bancaire.
Le Nouvion-en-Thiérache (Aisne). Fleuriste, Maryse, 68 ans, travaille actuellement en click and collect et a vu par le passé plusieurs candidats à la reprise de son commerce ne pas obtenir de prêt bancaire. Xavier Hénocq/La Thiérache

Dynamique fleuriste de 68 ans installée au Nouvion-en-Thiérache (Aisne), Maryse Brunel cherche à céder son commerce et sa maison attenante depuis plusieurs années. Le tout, proposé à 150 000 euros, a séduit plusieurs candidats, mais pas les banquiers, qui ont tous refusé les prêts aux porteurs de projets. « Je suppose qu'ils ne font pas confiance, alors que le prix est raisonnable. D'autant qu'il y a près de 300 m2, dont 90 de magasin et 90 de garage. La vitrine a été rénovée. »

Maryse a eu l'idée de la « vente à terme ». C'est-à-dire que l'acheteur verserait 20 % du montant total, soit environ 30 000 euros à la signature. Le restant, majoré d'intérêts fixés par le notaire, serait échelonné sur dix ou quinze ans : « J'aurai préféré avoir toute la somme afin de racheter dans la région, confie-t-elle. Je devrai louer. C'est un peu comme vendre en viager, sauf que si je meurs, l'acheteur devra payer à terme mes deux enfants. »

Prête à épauler le repreneur

Pour elle, c'est la solution idéale. Elle tient une nouvelle fois à mettre en confiance les investisseurs : « En dehors de la pandémie, je vis bien de mon travail. Alors, si j'y suis arrivée, je ne vois pas pourquoi la personne après moi n'y arriverait pas. »

D'autant que le commerce est très bien situé, à un angle : « Si c'est une fleuriste, elle aura tout pour démarrer car je laisserai mon stock. Je suis prête à l'épauler durant une période. Cela m'évitera de ne plus rien faire du jour au lendemain! » sourit-elle. Maryse Brunel assure aussi le dépôt de colis et travaille en click and collect actuellement. Elle reconnaît que vendre en ce moment est compliqué, mais veut croire en sa bonne étoile.