Crédit immobilier : «Nous avons dû rajouter 6000 euros d’apport»

Malgré un dossier solide, Dominique et Matthieu, tous deux en CDI, se sont heurtés à la réticence des banques, sceptiques car Matthieu travaille dans la restauration, secteur mis à mal par la crise sanitaire.

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 Après plus de deux mois et demi de stress, Dominique et Matthieu ont pu obtenir un prêt pour acheter une maison dans la campagne lyonnaise.
Après plus de deux mois et demi de stress, Dominique et Matthieu ont pu obtenir un prêt pour acheter une maison dans la campagne lyonnaise. LP/Nicolas Foray

L'objectif d'une vie de Dominique et Matthieu, âgés de 32 ans, a bien failli se briser sur les nouveaux critères des banques. « Cela a été deux mois et demi de stress et de doutes. Nous ne nous y attendions pas, souffle Dominique. Tout le monde nous avait dit que notre dossier était bon! » Tous deux en CDI, avec un revenu net de 4000 euros mensuels, les parents d'un enfant de deux ans se sont lancés « confiants », en octobre, dans leur projet d'achat.

Après des années de location en appartement à Lyon (Rhône), le couple a décidé de s'exiler à la campagne, pour acquérir une maison. Question de tranquillité et de place dans l'idée d'accueillir un deuxième enfant. En décembre, Dominique, rédactrice dans une agence de référencement, et Matthieu, cuisinier, ont un « coup de cœur » pour un pavillon dans la banlieue lyonnaise. Mais c'est la douche froide.

«Si cela avait été un petit resto, ou un bouchon, c'était plié…»

L'agent immobilier tique car Matthieu travaille dans la restauration, secteur durement touché par la crise sanitaire. « Il nous a dit que ça allait être très compliqué, vu mon activité et le manque de perspective. Pourtant je n'ai connu du chômage partiel qu'au premier confinement et en novembre. Cela a été une vraie surprise », rapporte Matthieu. L'agent exige d'être « rassuré » par le courtier du couple. Leur dossier a priori solide pour acheter la maison à 300 000 euros, avec un taux d'effort de 29%, devient subitement bancal.

Dominique, paniquée, décroche son téléphone pour demander conseil au courtier. Lui aussi tombe des nues. « Il m'a dit qu'il n'avait jamais été confronté à une situation pareille, que notre dossier passait sans aucun problème il y a quelques mois… Donc il a commencé à tâter le terrain auprès des banques », raconte la jeune femme. Les banquiers s'inquiètent du type d'établissement dans lequel Matthieu travaille. Par chance, il s'agit d'un restaurant étoilé, réputé sur Lyon. « Si cela avait été un petit resto, ou un bouchon, c'était plié », pense le jeune homme.

Crédit immobilier : «Nous avons dû rajouter 6000 euros d’apport»

Le couple est presque sauvé. Les primo-accédants, qui souhaitent emprunter sur 25 ans, se voient très fortement conseiller d'augmenter leur apport. « Nous avions prévu de mettre 14000 euros, pour garder un matelas de côté, avance Dominique. Nous avons mis 20000 euros pour couvrir tous les frais de notaires et d'assurances. »

Un effort supplémentaire, qui « ne met pas en difficulté » les finances du couple mais complique certains projets, comme l'achat d'une voiture. Finalement, après deux mois et demi de galère, Dominique et Matthieu décrochent un prêt, sur 25 ans, comme ils le souhaitaient. « Cela a été un vrai soulagement, souffle Matthieu. Jamais je n'aurais pensé que mon emploi poserait souci… »