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Baromètre de l’immobilier : à Sucy-en-Brie, le 80 mètres carrés sans balcon a perdu 10 %

Avec une baisse moyenne de 6 % sur le prix des appartements en un an, la commune du Val-de-Marne pourrait devenir un bon placement.

 La résidence Van Gogh, à Sucy-en-Brie a été livrée il y a 4 ans. Le prix moyen au mètre carré est de 3210 euros.
La résidence Van Gogh, à Sucy-en-Brie a été livrée il y a 4 ans. Le prix moyen au mètre carré est de 3210 euros.  LP/Denis Courtine

Et si, futurs propriétaires, vous jetiez un coup d'œil à Sucy-en-Brie ? D'après notre partenaire Meilleurs Agents, qui relève les prix au mètre carré dans les appartements anciens sur un an, la commune du Val-de-Marne a connu une chute de ses prix de 6 % entre août 2019 et août 2020, soit 3450 euros le mètre carré. Il s'agit, et de loin, de la plus forte baisse sur la période devant Les Mureaux (Les Yvelines) avec - 3,4 %, soit 2168 euros le mètre carré.

Pour comprendre la situation à Sucy, il faut tout d'abord se référer à la caractéristique urbaine de la ville. En effet, elle est composée à deux tiers de pavillons et un tiers d'appartements. Et toutes les catégories ne sont pas représentées. « Il y a très peu de studios ou de une-pièce, or c'est ce type de logements qui se revend le plus facilement et sur lequel les marges sont plus fortes, souligne Edwige Misandeau de l'agence Era. À Sucy, on va plutôt trouver des appartements familiaux, T3 ou T4 ».

Beaucoup de biens sans balcon ni terrasse

Avec environ 26 900 habitants, son centre-ville ancien et piétonnier et ses pavillons, la commune a su se préserver d'une trop forte densité. Après, tout dépend des quartiers. Ainsi, une bonne partie des immeubles se concentrent sur la Fosse-Rouge et la Cité-Verte.

« Ce sont des barres pas forcément très jolies mais dans un quartier tranquille, détaille l'agent immobilier. La concentration et l'absence de balcons et de terrasse ont dû jouer sur les prix. Surtout après la période de confinement. » Ici, les prix tournent plutôt autour de 2300 à 2800 euros le mètre carré.

Mais cette absence d'extérieur se retrouve aussi dans certains appartements du centre-ville. « Avec le confinement, les gens ont besoin de pouvoir mettre le nez dehors, souligne Nicolas Quenette, de l'agence Laforêt. Sans balcon, on a du mal à vendre même un logement même très bien placé en centre-ville. Ainsi, en janvier, j'ai mis en vente un 80 m2 impeccable, sans balcon, à 267 000 euros. Aujourd'hui, je le propose à 239 000 euros. » Soit une baisse de près de 10 %.

«Les gens préfèrent s'orienter vers une maison»

Et clairement avec une offre de maisons beaucoup plus importante et une différence de prix relativement faible, les appartements ont moins la côte. « En moyenne, sur les maisons, nous sommes à 3900 euros le mètre carré, soit environ 400 euros d'écart avec les appartements, analyse-t-il. Avec une différence aussi faible, les gens préfèrent s'orienter vers une maison. »

Le meilleur exemple est la clientèle de report. Les agents confirment qu'une importante partie d'entre elle provient de Saint-Maur où les prix sont beaucoup plus élevés. « Un jeune couple cherchait plus grand et ils ont trouvé un 70 mètres carrés à Saint-Maur pour 500 000 euros, poursuit Nicolas Quenette. Je leur ai proposé une maison de 129 mètres carrés à 470 000 € à Sucy. Ils n'ont pas hésité longtemps. »

«Nous avons de plus en plus de clients en provenance de la capitale»

La présence de la gare RER fait aussi exploser les prix. Ainsi une maison de 100 mètres carrés loi Carrez, ou 150 mètres carrés surface au sol, est partie à 685 000 euros… car elle est à 4 minutes du RER A. Et dans ce cas, c'est un couple de Parisiens qui a craqué.

Une tendance que confirme Franck Cinier, patron de l'agence Orpi. « Nous avons de plus en plus de clients en provenance de la capitale, traumatisés par le confinement, qui viennent s'offrir une belle maison chez nous, constate-t-il. Et avec leur pouvoir d'achat, ils ont de quoi investir. Si ce mouvement se maintient dans le temps, cela pourrait jouer sur les prix. »

Pour Edwige Misandreau, le choix de la ville n'est pas un hasard. « Les gens qui viennent à Sucy recherchent un côté campagne, analyse-t-elle. Nous sommes sur le plateau briard, à proximité de la forêt domaniale Notre-Dame (NDLR : 2200 hectares), et tout cela à peine à 15 km de Paris ».