Une pâtisserie alsacienne piratée, une rançon en bitcoins demandée

Le logiciel d’encaissement de l’enseigne Wach de Sélestat a été hacké, faisant tourner le commerce au ralenti depuis. Alors que les pirates réclament une importante rançon en bitcoins, le pâtissier Benoit Wach peut compter sur la solidarité locale.

 Le pâtissier Benoît Wach, qui montre sur son portable un article parlant des cyberattaques venant de Russie, a été victime d’un piratage de son système informatique.
Le pâtissier Benoît Wach, qui montre sur son portable un article parlant des cyberattaques venant de Russie, a été victime d’un piratage de son système informatique. PHOTOPQR/L’ALSACE/Thierry Martel

Depuis mardi 16 février, le temps d'attente pour acheter son gâteau au marron s'est allongé à la pâtisserie Wach de Sélestat. La faute à un piratage du système de caisses qui a contraint les 18 employés à ressortir calculatrices et stylos. « L'organisation est archaïque pour continuer à fonctionner, d'autant que mes vendeuses ne connaissent pas par cœur le prix de toutes les pâtisseries », se désole Benoît Wach, le gérant.

Un maître pâtissier-chocolatier qui a découvert un mystérieux message de menace au moment d'allumer les ordinateurs de ses quatre caisses, le 16 février : « Vos fichiers ont été cryptés. Pour les récupérer, écrivez à cette adresse mail et nous vous donnerons le montant d'une somme à verser en bitcoins (cryptomonnaie). »

Après son dépôt de plainte, les policiers parisiens de la Brigade d'enquêtes sur les fraudes aux technologies de l'information (Befti) indiquent au pâtissier alsacien qu'il a été hameçonné par un « rançongiciel », une technique souvent utilisée par des pirates des pays de l'Est pour soutirer de l'argent à leurs victimes.

« J'ai été visé indirectement par une attaque par rebonds. En réalité, l'hébergeur de mon logiciel de caisses a été hacké et je suis une victime collatérale au même titre que d'autres commerces alsaciens », témoigne Benoit Wach.

Un pâtissier réconforté par la bienveillance des Sélestadiens : « Les clients font preuve de beaucoup de patience et m'adressent des messages chaleureux de soutien. Plusieurs commerçants de la ville m'ont aussi proposé de me prêter leur caisse », raconte le propriétaire de la pâtisserie. Benoit Wach devrait pouvoir retrouver son propre logiciel d'encaissement à partir de ce lundi grâce au long travail de réparation de son informaticien.