La Cnil offre un répit à l’appli StopCovid, boudée par les Français

L’autorité met fin à sa procédure de contrôles après avoir constaté que l’outil numérique respecte mieux la vie privée de ses rares utilisateurs.

 L’application de tracking StopCovid a connu des débuts perturbés par des irrégularités et un manque d’adhésion.
L’application de tracking StopCovid a connu des débuts perturbés par des irrégularités et un manque d’adhésion. AFP/Denis Charlet

Des mises à jour et surtout une mise en conformité. Gardienne de la protection des données, la Commission nationale de l'informatique et des libertés (Cnil) vient d'apposer un tampon « bon pour le service » à l'application de tracking StopCovid.

L'autorité a mis fin à une procédure de mise en demeure de l'Etat entamée en juillet après avoir mené des contrôles techniques poussés.

Critiquée pour son caractère intrusif, la première version de StopCovid, lancée en juin pour Android et iPhone, avait été épinglée car elle collectait plus de données que nécessaires à son objectif : casser les chaînes de contamination.

« Les éléments de réponse apportés par le ministère (de la Santé) au cours du mois d'août ont permis de démontrer que les manquements constatés » lors de contrôles de la Cnil « avaient cessé », a indiqué vendredi le gardien de la vie privée numérique des Français, dans un communiqué.

La Cnil offre un répit à l’appli StopCovid, boudée par les Français

Parmi les griefs retenus, la Cnil reprochait notamment à l'application de remonter - sans distinction - au serveur central tous les pseudonymes des personnes croisées par un utilisateur se découvrant contaminé et collectés via le Bluetooth de son smartphone.

Le système devait ensuite trier et établir à distance une liste des cas contacts à risque, ceux qui avaient été trop proches et trop longtemps.

Désormais, ce tri est fait dans le smartphone de l'utilisateur contaminé, limitant les informations renvoyées au serveur central. Le traitement d'une partie des données par l'appareil est le parti pris par la plupart des applications européennes cousines de StopCovid.

Un démarrage toujours poussif

L'application n'utilise plus non plus le système de filtrage de « reCaptcha » de Google qui évite que des robots ne s'inscrivent sur l'application.

Ces corrections, qui ont donné lieu à une mise à jour fin juillet et une autre mi-août, suffiront-ils à convaincre les plus réticents à adopter l'application qui plafonne à 2,5 millions de téléchargements ?

Bien que ce ne soit plus son dossier, le secrétaire d'Etat au numérique Cédric O a rejeté l'idée que l'application puisse être un échec, mais reconnu qu'elle n'avait pas été assez téléchargée.

« Il faut qu'avec Olivier Véran (le ministre de la Santé) on voit ce qu'on fait : est-ce qu'on re-communique, est-ce qu'on a besoin de plus de pédagogie ? », a-t-il dit sur Sud Radio. « En tout cas, dans une période où l'épidémie repart, ce serait très utile qu'il y ait beaucoup plus de monde » qui l'ait téléchargée ».

La Cnil a assuré qu'elle poursuivra ses contrôles jusqu'à que l'application et les données qu'elle a rassemblées disparaissent.