Le fabricant de montres Swatch au ralenti après une cyberattaque

Le plus important groupe horloger du monde a confirmé mardi soir que des pirates étaient parvenus à entrer dans ses serveurs. Une partie de la production serait à l’arrêt selon les médias suisses.

 Illustration. Le groupe horloger suisse qui possède la marque Swatch a reconnu une intrusion dans son système informatique.
Illustration. Le groupe horloger suisse qui possède la marque Swatch a reconnu une intrusion dans son système informatique. LP/Olivier Boitet

La belle mécanique du groupe Swatch s'est enraillée sous les coups de butoirs de pirates informatiques. Le géant suisse de l'horlogerie a été victime d'une cyberattaque qui a touché ses serveurs le week-end dernier et continue de perturber son fonctionnement.

L'agence de presse économique suisse AWP avait révélé l'information qui a depuis été confirmée par l'entreprise basée à Bienne dans le canton de Berne. Le fabricant des marques Longines, Tissot ou Swatch a reconnu dans un communiqué des « signes clairs d'une cyberattaque en développement ».

Ses experts informatiques ont mis à l'arrêt certains systèmes informatiques comme le veut la procédure pour éviter une propagation de l'attaque.

Le sort des données en question

Selon l'agence AWP citée par le journal Le Temps, « la marque Omega serait en grande partie à l'arrêt et nombre de ses employés priés de rester à la maison ». Le point d'entrée de l'attaque viendrait d'un ordinateur situé dans sa filiale américaine.

Les pirates ont réussi à infiltrer les serveurs mais le groupe suisse ne précise pas s'ils ont réussi à dérober des données internes ou personnelles de clients. En clair, si les assaillants ont exécuté la cyberattaque l a plus populaire du moment : le rançongiciel.

« Les hackers sont particulièrement friands des gros poissons comme Swatch dont les secrets industriels, la liste des fournisseurs ou le prix des composants achetés ont une vraie valeur marchande », rappelle Sylvain Cortes, expert en cybersécurité chez Alsid, une start-up spécialisée dans la protection des entreprises.

L'ombre des « ransomwares »

La multinationale a porté plainte contre « inconnu » d'après l'expression de la procédure judiciaire suisse. Aucune demande de cyber-rançon n'a pour le moment été formulée.

« Swatch Group a immédiatement évalué et analysé la nature de l'attaque, pris toutes les mesures adéquates et implémenté les corrections nécessaires », a insisté le numéro 1 mondial de l'horlogerie, pour qui un retour à la normale interviendra « aussi vite que possible ».

Il faudra garder un œil sur les sites des groupes spécialisés dans les « ransomwares » qui ont pris l'habitude de revendiquer leurs méfaits et mettre en ligne une partie de leur butin pour extorquer leurs victimes.