La chasse aux drones est ouverte en rade de Brest

La marine nationale expérimente un nouveau système de protection pour éviter les survols.

 Facilement disponibles dans le commerce, des drones civils sont régulièrement détectés au-dessus de sites sensibles.
Facilement disponibles dans le commerce, des drones civils sont régulièrement détectés au-dessus de sites sensibles. Istock/Gwengoat

Cela fait plusieurs années que l'arsenal de Brest (Finistère), haut lieu des forces navales françaises, déplore d'être régulièrement survolé par des drones civils, depuis qu'ils sont commercialisés auprès du grand public. Le dernier fait en date connu remonte au 10 septembre, au-dessus de la zone interdite LF-P 112, et a entraîné un dépôt de plainte de la préfecture maritime de l'Atlantique, dont le siège est également à Brest.

Face à ce nouveau défi, la préfecture s'est rapprochée de Cerbair, une entreprise spécialisée dans la protection des sites sensibles, basée à Montrouge (Hauts-de-Seine), pour mettre au point un système informatique et électronique aussi robuste qu'efficace, capable de supporter des conditions de mer difficiles. Cerbair s'est alliée à KEAS (Isère), spécialisée dans le brouillage des communications mobiles, pour équiper leur système et mener à bien une expérimentation sur le plan de rade brestois.

Tests concluants

Leur bébé, armé d'antennes portées par des bras télescopiques, à l'image des radars que l'on peut parfois voir sur des navires militaires, effectue une surveillance en continu, et détecte avec précision le drone civil qui viendrait survoler la zone. Des brouilleurs se déclenchent alors pour perturber les ondes de l'engin, qui finira par se poser ou retourner vers son pilote, dont la zone de position pourrait d'ailleurs être identifiée.

Les résultats de ce test, mené dans la plus grande discrétion, ont été plus que concluants, d'après les deux entreprises mandatées par la Marine nationale. Pour l'heure, la préfecture maritime assure que ce système n'est pas encore en service. Mais d'autres pays pourraient être intéressés par une telle parade anti-drones.