Des dizaines de policiers manifestent à Colombes après les propos jugés « scandaleux » du maire

Quelque cent policiers ont exprimé leur colère ce lundi sous les fenêtres de Patrick Chaimovitch (EELV) à l’appel des syndicats Alliance et Unité SGP.

 Colombes, ce lundi après-midi. Les policiers manifestant devant la mairie arborent des drapeaux des syndicats Alliance et Unité SGP Police.
Colombes, ce lundi après-midi. Les policiers manifestant devant la mairie arborent des drapeaux des syndicats Alliance et Unité SGP Police.  LP/V.M.

Révoltés par les propos du tout nouveau maire de Colombes, Patrick Chaimovitch, sur la police d'aujourd'hui qu'il a comparée à celle du régime de Vichy, les forces de l'ordre descendent dans la rue. Précisément devant l'hôtel de ville de Colombes, où une petite centaine d'entre eux s'est rassemblée ce lundi à l'appel des syndicats Alliance et Unité SGP.

Le mot d'ordre a été lancé sur les réseaux sociaux en début d'après-midi, malgré le rétropédalage de Patrick Chaimovitch, qui s'est exprimé via un communiqué de presse. Le nouveau maire de Colombes y nie la comparaison entre la police démocratique et la police de l'Etat pétainiste, entre « les Juifs promis à l'extermination » et « le sort des migrants ».

Mais l'opération déminage ne suffit pas à calmer les esprits policiers, déjà fort marris par les accusations de racisme et de brutalité qui ont émergé lors des manifestations contre les violences policières en juin dernier.

«Les policiers sont choqués et en colère»

« Ce rétropédalage n'annule pas ce qu'il a dit. J'ai bien entendu ces propos sur la vidéo, c'est inadmissible et blessant », commente Christophe Henno, numéro 2 d'Alliance dans le 92. Grégory Goupil, secrétaire national adjoint pour l'Ile-de-France va plus loin : « Les policiers sont choqués et en colère. Qu'un élu tienne des propos aussi scandaleux, ça nous révolte. Avec ce message, l'idéologie de ce maire est clairement affirmée : il est anti-police. Mais il vient d'être élu et six ans c'est long. »

LP/V.M.
LP/V.M.  

Position partagée à l'Unité SGP. « Un élu devrait œuvrer pour l'apaisement. Lui, avec ces propos intolérables, il met de l'huile sur le feu, au nom d'une idéologie », commente Mickaël Dequin, numéro un du SGP dans le département.

Le ton est ensuite carrément monté entre le responsable d'Alliance et trois adjoints de Patrick Chaimovitch, dépêchés pour tenter de nouer le dialogue. Car le maire est actuellement en congés. Fin de non-recevoir de la part des syndicats. « Parler avec ceux qui n'ont pas tenu les propos ? Ca n'a aucun sens », balaie Mickael Dequin.

« C'est la boulette. La grosse boulette »

En nombre sur le parvis de l'hôtel de ville, les élus d'opposition n'ont pas manqué l'occasion d'enfoncer le clou. « Quand il était dans l'opposition, Patrick Chaimovitch votait systématiquement contre les moyens supplémentaires pour la police municipale, contre le développement de la vidéosurveillance, fait savoir Amélie Delattre (LR). Nos collègues n'en ont pas cru leurs oreilles à la cérémonie (NDLR : la commémoration de la rafle du Vel d'Hiv le 19 juillet au cours de laquelle Patrick Chaimovitch a tenu les propos polémiques). »

Sur les bancs du parvis, les badauds, d'abord intrigués par l'arrivée des policiers mécontents, ont vite compris. « Ce qu'a dit le maire est honteux », cingle une septuagénaire. « Nous, on est avec les policiers, on voit ce qu'ils font dans nos cités, heureusement qu'ils sont là. »

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Depuis sa tentative d'apaisement par voie de communiqué, Patrick Chaimovitch ne s'est plus exprimé. Mais ce lundi soir, un membre de son entourage grimaçait en aparté : « C'est la boulette. La grosse boulette. »