Seulement 420 doses de vaccin pour chaque ville retenue dans les Hauts-de-Seine

Les douze villes concernées viennent d’être informées que seulement 420 doses leur seraient attribuées à chacune pour le lancement de la vaccination des habitants de plus de 75 ans. C’est moins qu’attendu, alors que les inscriptions s’envolent.

 Le centre d’appels mis en place à Clichy pour faciliter la prise de rendez-vous a été pris d’assaut jeudi matin, avant que la ville n’apprenne qu’elle serait livrée de trois fois moins de doses qu’attendu.
Le centre d’appels mis en place à Clichy pour faciliter la prise de rendez-vous a été pris d’assaut jeudi matin, avant que la ville n’apprenne qu’elle serait livrée de trois fois moins de doses qu’attendu. DR.

Ils ont tous relu plusieurs fois le mail pour être certains d'avoir bien compris. Les maires des douze villes ayant obtenu le feu vert des services de l'Etat pour l'ouverture de centres de vaccination communaux à partir du lundi 18 janvier, ont reçu ce jeudi matin un mail du préfet des Hauts-de-Seine. Ce dernier leur annonce qu'ils se voient chacun attribuer 420 doses pour cette première semaine de vaccination grand public, c'est à dire à destination des habitants de plus de 75 ans.

Rapporté aux douze centres, cela représente donc 5040 doses de vaccin, bien loin des 30 000 doses hebdomadaires avancées dans un premier temps. « J'ai une boule au ventre, je suis scandalisée », souffle Jeanne Bécart, maire (LR) de Garches, pour qui c'est la douche froide après l'euphorie d'avoir obtenu un centre.

« Nous avons enregistré 1587 inscriptions sur la plate-forme Maiia pour la semaine prochaine, ajoute-t-elle. Soit plus de 1100 personnes, qui vont très probablement voir leurs rendez-vous reportés. »

Pour l'édile, c'est « un nouveau scandale ». « Après les masques, les tests, c'est au tour des vaccins ? se demande-t-elle. Et ce sont les maires qui sont aujourd'hui en difficulté. »

Un avis que partage évidemment Jean-Christophe Fromantin, maire (DVD) de Neuilly, qui a enregistré ce jeudi matin 8200 appels de demandes de rendez-vous pour le centre installé au théâtre des Sablons.

Soit plus que la population de plus de 75 ans de la commune, estimée à 7000 personnes. « Je suis passé au standard, les gens appellent de partout, cette situation est incroyable », estime le maire de Neuilly, qui a décidé d'interpeller le Premier ministre Jean Castex. « La note du ministère de la Santé stipule que les centres doivent être en mesure de vacciner 1300 personnes par semaine et on nous attribue 420 doses », appuie-t-il.

La préfecture a demandé «des dotations complémentaires»

A La Garenne-Colombes, ce sont 600 rendez-vous qui ont été pris ce jeudi. « En accord avec le préfet nous avons décidé d'être pragmatiques : je n'annule aucun rendez-vous et on avisera mercredi », explique Philippe Juvin, maire (LR) de la ville, qui espère donc un nouvel approvisionnement la semaine prochaine.

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« Il s'agit d'une première dotation, pour une montée en charge progressive qu'il faudra organiser », explique d'ailleurs la préfecture des Hauts-de-Seine, précisant que « des dotations complémentaires ont été demandées ».

A Clichy, le centre d'appels mis en place par la ville pour aider les plus de 75 ans à s'inscrire sur la plate-forme de rendez-vous Doctolib est également très sollicité. La municipalité a décidé, dès ce midi, de faire basculer toutes les demandes au-delà de 420 directement la semaine du 25 janvier.

Quitte à rouvrir des créneaux au fur et à mesure. « L'Agence régionale de santé doit absolument informer sur le planning de fourniture des doses, insiste le maire (DVD) Rémi Muzeau. On ne peut pas faire porter aux communes la responsabilité du manque de vaccins, c'est très inquiétant. »

«A ce rythme, on sera encore là l'année prochaine !»

Dans le sud du département, à Clamart, le docteur Jean-Paul Hamon, membre du comité local scientifique et président d'honneur de la Fédération des médecins de France, tire lui aussi la sonnette d'alarme. « A Clamart, le centre était prêt pour 4500 vaccinations par semaine, explique-t-il. Avec 420 doses, on ne va pas aller très loin. A ce rythme, on sera encore là l'année prochaine ! » De son côté, le maire Jean-Didier Berger (Libre !) précise que « les demandes au-delà des 420 sont sur liste d'attente et que les rendez-vous s'arrêtent mardi soir pour le moment ».

Certains maires s'inquiètent même de savoir s'ils vont réellement recevoir les doses prévues. Les informations en provenance de la pharmacie centrale de Nanterre, qui gère les vaccins pour le département, n'étant pas particulièrement optimiste.

« Nous sommes également alertés par les hôpitaux de nos villes, qui nous expliquent qu' ils ne seront pas livrés la semaine prochaine pour vacciner le personnel soignant parce que les doses sont réorientées vers les centres communaux pour les plus de 75 ans », explique ainsi un élu.

« Tout le monde ne pourra pas trouver un rendez-vous immédiatement, il faudra être patient, a prévenu le Premier ministre Jean Castex, ce jeudi soir, lors de sa conférence de presse. Nous dépendons des livraisons de vaccins, qui elles-mêmes dépendent du rythme de production des laboratoires. »