Sceaux : des habitants racontent 2019 en 365 photos

«Une année dans la vie de Sceaux». C’est le nom de l’exposition de photos qui a lieu jusqu’au 30 octobre dans le jardin de la Ménagerie. Près de 80 habitants de la commune ont participé à ce projet.

 Sceaux (Hauts-de-Seine), le 18 septembre 2020. Le jardin de la Ménagerie abrite l’exposition « 365 jours à Sceaux ». Nathalie Banaigs (au milieu) est à l’origine du projet.
Sceaux (Hauts-de-Seine), le 18 septembre 2020. Le jardin de la Ménagerie abrite l’exposition « 365 jours à Sceaux ». Nathalie Banaigs (au milieu) est à l’origine du projet. LP/Ariane Riou

Un jour de neige au parc de Sceaux (Hauts-de-Seine), l'inauguration d'un commerce rue Houdan, un voyageur qui attend son train sur le quai du RER… Voici l'année 2019 à Sceaux en 365 photos. Jusqu'au 30 octobre, l'exposition « Une année dans la vie de Sceaux » anime le jardin de la Ménagerie.

Derrière ces photos-calendrier se cachent 80 photographes, tous habitants de la commune. Car c'est là l'originalité du projet : rassembler des amateurs ou passionnés de photos, riverains ou de passage, qui ne se connaissaient pas.

« La photographie est un prétexte pour créer du lien », analyse Nathalie Banaigs. C'est elle qui est à l'origine du projet. Voilà onze ans qu'elle organise ce type d'exposition participative en Angleterre où elle vit depuis 30 ans.

18 février 2019. Coucher de soleil sur l’impasse du marché et l’église Saint-Jean-Baptiste. Florence Arnaud
18 février 2019. Coucher de soleil sur l’impasse du marché et l’église Saint-Jean-Baptiste. Florence Arnaud  

Pourquoi Sceaux aujourd'hui ? « J'y ai grandi, explique l'artiste. Pour des raisons familiales, je reviens assez souvent depuis quatre ans. Mais je ne connaissais plus personne. »

«J'avais des bouffées de nostalgie à chaque coin de rue»

L'envie de recréer ce « lien » dans la ville de son enfance lui prend lors d'un de ses séjours. « J'avais des bouffées de nostalgie à chaque coin de rue. Tous les souvenirs remontaient », explique-t-elle.

Depuis son retour à Sceaux, elle a pris l'habitude de travailler dans l'espace de coworking, bien connu des habitants, « Sceaux smart ». « J'ai parlé de mon projet à Valérie qui gère le lieu. Elle a été emballée tout de suite et elle m'a poussée à commencer le plus vite possible. Elle en a parlé autour d'elle », raconte Nathalie Banaigs.

La mairie se prend, elle aussi, au jeu, donne un coup de pouce à Nathalie pour la communication, engage de l'argent. Nous sommes alors en décembre 2018. Dès le 1er janvier 2019, le projet est lancé. « Au début, on était juste une petite dizaine à prendre des photos », se souvient-elle. Les règles sont claires : capturer une image tous les jours de ce qu'on aime ou qu'on n'aime pas à Sceaux.

13 octobre 2019. Porte ouverte des ateliers d’artistes de Sceaux : ici la sculptrice Paula Millara. Mostfa Turki
13 octobre 2019. Porte ouverte des ateliers d’artistes de Sceaux : ici la sculptrice Paula Millara. Mostfa Turki  

Florence Arnaud, institutrice à la retraite passionnée de photos, rejoint le groupe de photographes en mars. Elle vit à Sceaux depuis 1956. « Ce sont des amis qui m'en ont parlé. J'ai longtemps hésité parce que je n'ai pas l'habitude de faire du reportage, explique-t-elle. Moi, mon truc, ce sont la nature, les paysages, les animaux. C'était un vrai défi pour moi. »

Florence se prend vite au jeu. « J'y allais tous les jours. Je vis à Sceaux mais j'ai découvert des gens, des endroits que je ne connaissais même pas », s'amuse-t-elle. Anne Rullière, 56 ans, a rejoint la danse quelques semaines plus tard, par hasard. « Je cherchais des projets liés à la photo sur Internet et je suis tombée sur ça », confie-t-elle.

«Ce projet, c'est la mémoire collective»

Cette vendeuse dans une boutique de joaillerie de la rue Houdan profite de ses pauses méridiennes pour sortir son appareil. « Chaque semaine, un participant devait s'engager à fond pour être sûr qu'on ne manque pas un seul jour de l'année. C'était vraiment intéressant », insiste-t-elle.

Au fil des semaines, Nathalie oriente les participants. « Elle nous encourageait à aller dans les quartiers qu'on prenait moins en photo, Robinson, les Blagis… Il fallait que tous les secteurs soient représentés, se souvient Florence. Elle nous poussait aussi à aller chez les gens, à les prendre en photo. »

Chaque mois, les participants se retrouvent au café de la Paix pour échanger sur les semaines écoulées, distiller des conseils aux autres… « Il y avait toutes les générations, tous les métiers », se réjouit Nathalie. « J'ai rencontré des gens que je ne connaissais pas du tout, s'enthousiasme Anne. Et je me suis fait de nouveaux amis. »

12 novembre 2019. Orage sur la cité Henri-Sellier - Sud du quartier Chéneaux-Sablons. Florence Arnaud
12 novembre 2019. Orage sur la cité Henri-Sellier - Sud du quartier Chéneaux-Sablons. Florence Arnaud  

A la fin de l'année, près de 80 personnes, plus ou moins assidues, se sont greffées au projet. Les 365 photos, une par jour, ont ensuite été sélectionnées par un jury de quatre personnes.

« Elles vont être conservées aux archives de la ville. Ce projet, c'est la mémoire collective », explique Nathalie Banaigs. De cette année 2019 sort aujourd'hui cette exposition, retardée de quelques mois par le confinement. Mais aussi un livre, en vente à l'office du tourisme.

La fin d'une aventure ? « J'aimerais le refaire tous les trois ans, glisse Nathalie Banaigs. La ville évolue, c'est bien de garder une trace. »

Jusqu'au 30 octobre, au jardin de la Ménagerie, 70, rue Houdan, à Sceaux (Hauts-de-Seine).