Rueil-Malmaison : un référé-suspension pour faire cesser les coupes à blanc

Inquiets des coupes réalisées dans la forêt domaniale, les membres d’une association en appellent à la justice administrative.

 Rueil-Malmaison, ce mercredi. Les fidèles des lieux participent par petits groupes aux visites pédagogiques organisées régulièrement par le spécialiste arboricole Louis Vallin.
Rueil-Malmaison, ce mercredi. Les fidèles des lieux participent par petits groupes aux visites pédagogiques organisées régulièrement par le spécialiste arboricole Louis Vallin. LP/D.L.

Les défenseurs de la forêt de la Malmaison en appellent à la justice. Hostile au plan de gestion appliqué par l'Office national des forêts (ONF) dans ce massif forestier de 200 hectares, l'association Coteaux de Seine vient de déposer un référé-suspension auprès du tribunal administratif de Cergy-Pontoise (Val-d'Oise). Son objectif : faire cesser les coupes à blanc.

Pour l'association, la maladie de l'encre, qui s'attaque aux châtaigniers, ne peut justifier à elle seule les trous béants laissés par les machines d'abattage. « À ce rythme, ce massif va bientôt être complètement sinistré, se désole Olivier Delourme, le président de Coteaux de Seine Associations. Des arbres sont abattus jour et nuit. Et pas que des arbres malades. Des belles grumes de chênes sont chargées dans les camions. »

Cette incompréhension, beaucoup la partagent. À travers son recours devant le tribunal administratif, l'association se fait ainsi le porte-voix de centaines de riverains de la forêt de la Malmaison. Des habitants de la Celle Saint-Cloud, de Rueil ou de Vaucresson, dont une partie a déjà signé la pétition réclamant l'arrêt immédiat des coupes à blanc. Elle compte quelque 1 800 signataires, ce vendredi.

L'ONF s'inquiète du développement de la maladie de l'encre

« Il faut effectivement abattre les arbres malades ou dangereux mais il faut stopper le plan de gestion de cette forêt, insiste le spécialiste arboricole Louis Vallin, qui organise des visites pédagogiques régulières dans les allées du massif. Il faut absolument revenir à une forêt en gestion irrégulière. »

Car selon lui, l'abattage de parcelles entières peut engendrer de lourdes conséquences. « Avec le réchauffement climatique, il faut éviter la mise en lumière du terrain, explique-t-il en bon apôtre de la régénération naturelle. Plus le soleil tape fort sur le sol, moins les chances de repousses sont grandes. Et à terme, on peut se retrouver avec une forêt émettrice de carbone. »

L'ONF, de son côté, dit ne pas avoir le choix face au développement inquiétant de la maladie de l'encre. « Le phénomène est d'abord apparu il y a quatre ou cinq ans dans la forêt de Montmorency, expliquait, en décembre dernier, Michel Béal, directeur de l'agence ONF Ile-de-France Ouest. Mais depuis 2018, cette maladie touche aussi les forêts de Marly (Yvelines) et de Meudon, ainsi que la forêt domaniale de la Malmaison. »

Par ailleurs, l'organisme se défend de privilégier, avec ses plans de gestion, la logique économique à la fonction sociale et écologique de cette forêt pourtant située aux portes de Paris.

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Au tribunal administratif désormais, d'examiner l'argumentaire de chaque camp.