Rueil-Malmaison : leurs enfants privés d’instit par le Covid-19, les parents mobilisés pour son remplacement

Depuis début novembre, les élèves d’une classe de grande section à l’école maternelle Tuck Stell ne bénéficient d’un enseignant que deux jours par semaine. Les parents observent les premiers effets négatifs sur leurs enfants.

 Rueil-Malmaison, ce lundi matin. Des parents d’élèves se sont rassemblés à l’entrée de l’école pour rendre visible leur exaspération et tenter d’obtenir un remplacement complet de l’enseignant absent.
Rueil-Malmaison, ce lundi matin. Des parents d’élèves se sont rassemblés à l’entrée de l’école pour rendre visible leur exaspération et tenter d’obtenir un remplacement complet de l’enseignant absent. LP/M.L.

Des parents de l'école maternelle Tuck Stell, à Rueil-Malmaison, sont en colère. Depuis le mois de novembre, les enfants d'une des classes de grande section ne bénéficient d'un enseignant que deux jours par semaine. Le reste du temps, ils sont ballottés de classes en classes, en petite, moyenne ou grande section.

Faisant partie des personnes dites vulnérables face au Covid-19, leur instituteur bénéficie d'une autorisation spéciale d'absence depuis le début du second confinement. Sans être complètement remplacé. « Ça commence à faire long », peste un parent d'élève, ce lundi matin, alors qu'une mobilisation était organisée devant l'établissement par les fédérations de parents d'élèves FCPE et Peep.

« Ma fille de 5 ans est en préparation pour le CP, c'est la deuxième coupure de classe depuis l'année dernière, elle commence déjà à avoir des lacunes ; la grande section est une classe charnière, on arrive aux fondamentaux de la lecture et de l'écriture », s'inquiète Amel, mère d'une petite Aliya.

«Dès le mercredi soir, ma fille pleure»

Outre des conséquences sur les apprentissages, la situation créée à la fois une surcharge pour les autres enseignants et une instabilité psychique pour les enfants. « C'est simple, le lundi et mardi quand elle a un enseignant, ma fille veut bien aller à l'école mais les jeudis et vendredis, elle pleure systématiquement avant d'y aller, déplore Vincent, père d'une fillette de 5 ans. Ce n'est jamais arrivé. Elle a toujours aimé l'école, c'est ça qui est terrible. »

Rueil-Malmaison, ce lundi matin. Les parents d’élèves ont affiché leur colère sur les grilles de l’école. LP/M.L.
Rueil-Malmaison, ce lundi matin. Les parents d’élèves ont affiché leur colère sur les grilles de l’école. LP/M.L.  

Même constat pour Michel, père de Mélina : « dès le mercredi soir, ma fille pleure. Ça va mieux en ce moment parce qu'elle a été recasée dans une grande section mais au début, elle était avec des petites sections, au fond, à dessiner ».

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Les fédérations de parents d'élèves se sont immédiatement saisies du sujet et ont réclamé, dès le début, le remplacement à temps complet des « autorisations spéciales d'absence ». L'inspection académique, qui n'a pas donné suite à nos sollicitations, leur a adressé une fin de non-recevoir.

«La situation est très tendue pour les remplacements»

« L'inspecteur nous dit que quand les durées d'absence sont imprévisibles, c'est impossible de recruter et donc ils ont fait le choix de prioriser les enseignants en arrêt maladie Covid qui sont remplacés, eux, à temps complet, explique Perrine Legrand, présidente de l'union locale FCPE de Rueil-Malmaison. Mais les cas se multiplient et ils n'arrivent pas à faire face. » Vendredi dernier, l'école maternelle a eu pas moins de trois enseignants absents.

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Un personnel de l'Education nationale de la circonscription, souhaitant rester anonyme, le confirme : « la situation est très tendue pour les remplacements, il n'y a aucune visibilité et cela risque de durer jusqu'en septembre prochain. La direction académique ne pensait pas que la crise allait durer autant et n'a pas anticipé les besoins ».