Pourquoi les Hauts-de-Seine ne sont pas dans le plan d’urgence de construction de lycées

Le plan dévoilé la semaine dernière par le conseil régional ne touche par le département. Selon le Snes, les deux projets de lycées à Bagneux et Colombes devraient suffire à absorber les effectifs mais Châtillon continue de réclamer son établissement.

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 Bagneux, le 25 mars 2017. Près de 200 personnes étaient réunies pour fêter la future construction d’un lycée dans le quartier des Mathurins.
Bagneux, le 25 mars 2017. Près de 200 personnes étaient réunies pour fêter la future construction d’un lycée dans le quartier des Mathurins. LP/David Livois.

Le département des Hauts-de-Seine fait l'exception, puisqu'il ne figure pas dans le plan d'urgence de construction de lycées décidé la semaine dernière par le conseil régional d'Ile-de-France. « Cela ne me surprend pas car la hausse démographique est surtout prévue dans le Val-d'Oise et l'Essonne », observe Geneviève Royer, cosecrétaire départementale du Snes 92.

« Dans les Hauts-de-Seine, on a une baisse du nombre d'élèves en primaire depuis quelques années, précise-t-elle. Et déjà deux projets de constructions de lycées, à Bagneux et à Colombes, qui devraient suffire. »

Le quatrième lycée de Colombes, d'une capacité de 1 200 élèves, devrait être livré à la rentrée scolaire 2024 dans le quartier des Fossés-Jean et accueillera des lycéens de Colombes et du nord d'Asnières et Gennevilliers. Le premier lycée de Bagneux, dont il est question depuis une cinquantaine d'années, devrait voir le jour quant à lui en 2026 dans le quartier des Mathurins.

Pour la maire de Châtillon, «les lycées du secteur débordent de partout»

Mais il ne s'agit que d'une date prévisionnelle non encore confirmée. Il est inscrit dans le plan prévisionnel d'investissements de la région depuis 2017. Il accueillera lui aussi 1 200 élèves dans des filières générales avec options culturelles, autour du cirque, et novatrices autour du développement durable.

Mais, pour certaines, ces projets ne suffisent pas. Nadège Azzaz, maire (PS) de Châtillon et conseillère régionale, continue de plaider pour la construction d'un lycée dans sa commune. Le terrain est déjà trouvé dans la zone des Arues et un périmètre de sauvegarde y a été établi. L'édile argue des problèmes d'affectation récurrents sur son territoire.

« On ne peut pas tous les ans, jouer à la roulette russe avec le sort des enfants, estime Nadège Azzaz. Cet été rien qu'à Châtillon, nous avons eu une trentaine d'élèves sans affectation, les lycées du secteur débordent de partout. La densification de nos villes avec l'arrivée des gares du Grand Paris Express ne va faire qu'amplifier le phénomène et le lycée de Bagneux ne pourra pas contenir tous les enfants, ce n'est pas satisfaisant. »

Des fermetures dans la filière professionnelle

Ainsi, selon son cabinet, le lycée Jacques-Monod, à Clamart, qui accueille une grande partie des élèves châtillonnais comptait en 2019 plus de 1 300 élèves pour une capacité d'accueil maximale de 1 240 lycéens. D'autres lycées du département sont également surchargés selon le Snes. Il s'agit notamment du lycée Descartes à Antony et Galilée à Gennevilliers.

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« Il y a des tensions à moyen terme liées à la crise sanitaire puisqu'il y a eu un plus fort taux de passage en seconde et aussi car il y a des établissements en rénovation, comme à Albert-Camus à Bois-Colombes, ajoute Geneviève Royer. Mais ce que l'on observe surtout dans notre département, c'est la fermeture de filières professionnelles au profit d'ouverture de secondes générales. »