Pilote et paraplégique, Dorine Bourneton fait rêver les collégiens d’Asnières

Elle est venue ce jeudi dire aux enfants du cours Saint-Exupéry que rien n’est impossible.

 Asnières-sur-Seine, 14 mars 2019. Les élèves du cours Antoine de Saint-Exupéry rencontrent Dorine Bourneton, première femme handicapée pilote de voltige aérienne.
Asnières-sur-Seine, 14 mars 2019. Les élèves du cours Antoine de Saint-Exupéry rencontrent Dorine Bourneton, première femme handicapée pilote de voltige aérienne. LP/E.A

« Je suis venue vous dire quelque chose. Les impossibles, on peut tous les faire tomber ». Devant les collégiens du cours Saint-Exupéry d'Asnières-sur-Seine, ce jeudi, Dorine Bourneton, 44 ans, sait de quoi elle parle. Elle est la première femme handicapée pilote de voltige aérienne… au monde.

A 16 ans, c'est la seule rescapée d'un crash d'avion de tourisme. Malgré la perte d'usage de ses jambes, le rêve de l'adolescente reste inchangé. « Je rêvais d'être pilote avant et après l'accident. J'aurais pu me placer en victime et ne rien faire, mais ce n'était pas mon tempérament. »

Dorine Bourneton à l’aérodrome des Mureaux (Yvelines) en 2016. Frédéric Gimenez
Dorine Bourneton à l’aérodrome des Mureaux (Yvelines) en 2016. Frédéric Gimenez  

Celle qui dit avoir « préféré la liberté au canapé » a alors puisé sa force dans la lecture de l'histoire des pilotes de l'aéropostale. « En 3e, quand mes copines étaient amoureuses des 2Be3, moi j'étais amoureuse de Mermoz et de Saint-Exupéry, raconte Dorine Bourneton. Vous connaissez Antoine de Saint-Exupéry ? » Les enfants ne peuvent que répondre par l'affirmative.

Car le nom du célèbre pilote et auteur du Petit Prince est aussi le nom de leur école. Ouvert en 2015, le cours Antoine de Saint-Exupéry fait partie du réseau Espérance banlieues qui promeut le développement d'écoles indépendantes, au sein de banlieues sensibles.

La famille d'Agay, héritière d'Antoine de Saint-Exupéry, a non seulement permis à l'école d'utiliser le patronyme, mais la soutient également financièrement via la Fondation Antoine de Saint-Exupéry pour la jeunesse. Une fondation dont Dorine Bourneton est marraine, aux côtés du journaliste PPDA ou de la spationaute Claudie Haigneré.

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« On organise également des rencontres avec des professionnels, explique Olivier d'Agay, président de la fondation. C'est important d'apporter aux enfants ce type de témoignage, afin qu'ils sachent que tout est possible et qu'ils prennent confiance en eux. »

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Le directeur de l'école, Xavier Villarmet, est reconnaissant de l'engagement de la fondation. « C'est un formidable message de joie et d'optimisme laissé aux jeunes, se réjouit-il. Car comme le handicap, la condition sociale et les origines ne doivent pas être des freins. »

Asnières-sur-Seine, le 14 mars. Meriam, Sonia et Cali, 13 ans, sont allés saluer la pilote de voltige à la fin de la conférence. LP/E.A
Asnières-sur-Seine, le 14 mars. Meriam, Sonia et Cali, 13 ans, sont allés saluer la pilote de voltige à la fin de la conférence. LP/E.A  

Et les jeunes du cours ont de l'ambition. Meriam espère être médecin même si « c'est compliqué avec les études », Cali veut être herpétologue (spécialiste des amphibiens et des serpents) et Sonia rêve d'être chirurgienne-dentiste ou avocate, comme son grand frère. Les trois élèves de 4e ont été inspirés par la conférence. « Dorine Bourneton n'a pas abandonné, admire Meriam, elle a persévéré. »

Zion, 13 ans, ne sait pas encore ce qu'il veut faire plus tard, mais estime avoir appris des choses : « Il ne faut pas écouter le jugement des autres. » Son copain Jean-Michel admire la pilote de voltige, mais n'en fera pas métier. « Je tiens à ma vie, explique-t-il simplement. En plus là, avec le crash du Boeing en Ethiopie… »