«On remet de l’ordre» : à Colombes, la nouvelle municipalité impose sa griffe

Le départ de l’ancien chef de la police municipale fait grincer des dents dans l’opposition, qui dénonce une chasse aux sorcières. La majorité plaide une réorganisation inhérente au changement de maire.

 Colombes (Hauts-de-Seine). Le directeur de la police municipale de l’ancienne maire (LR) Nicole Goueta est « parti » selon la majorité. Pour l’opposition, il a été « poussé vers la sortie ».
Colombes (Hauts-de-Seine). Le directeur de la police municipale de l’ancienne maire (LR) Nicole Goueta est « parti » selon la majorité. Pour l’opposition, il a été « poussé vers la sortie ».  LP/Adeline Daboval

A Colombes (Hauts-de-Seine), l'écologiste Patrick Chaimovitch est, depuis le 3 juillet, le nouveau maire de la ville, qui a basculé à gauche au soir du 28 juin, mettant fin au mandat de Nicole Goueta (LR). Une fois aux commandes, l'ancien chef de l'opposition a rapidement imposé sa griffe dans les services.

Outre la directrice de cabinet immédiatement remplacée, deux chefs de service ont quitté leurs fonctions. Le directeur général des services (DGS), dont le départ est habituel en cas de changement de municipalité, et le directeur de la sécurité. Le premier poste a déjà été pourvu.

Le second, qui était le patron de la police municipale, occupait un poste stratégique, très politique. Il était ainsi très proche de l'ancienne maire, Nicole Goueta, qui avait fait de sa police municipale le fer de lance de sa politique en matière de sécurité. Cet ancien militaire est « parti », dit-on pudiquement au cabinet de Patrick Chaimovitch.

« Le directeur de la sécurité a été poussé vers la sortie, pour ne pas dire viré », assure pour sa part Antoine Moukarzel, le chef (LR) du groupe d'opposition municipale. La droite locale n'hésite ainsi pas à parler de « chasse aux sorcières ». « Avec le départ du DGS, on coupe toutes les têtes qui occupaient des postes importants quand nous étions aux affaires », souligne l'opposant.

Réorganisation des services en haut de la pyramide

La nouvelle majorité municipale s'en défend. « Il n'y a évidemment aucune chasse aux sorcières, balaye Patrick Chaimovitch. Certains agents ont aussi choisi de partir par souci de cohérence. On a trouvé une administration avec des agents volontaires et compétents, mais désorganisée et où tout était concentré entre quelques mains. On remet de l'ordre dans tout cela. La nouvelle organisation devrait être quasi terminée en fin d'année et présentée aux instances paritaires. »

La ville recrute actuellement deux adjoints pour le nouveau DGS et un directeur général des services techniques (DGST), trois postes qui n'existaient pas auparavant. C'est le dernier qui s'occupera notamment de la sécurité et de la police municipale, dont la mission doit être recentrée sur la prévention et la proximité. Outre ces postes jugés « très sensibles » en mairie, on compte une dizaine de départs sur 1800 agents.