Nouvelles pistes cyclables, Vélib’, plan vélo... : pour la petite reine, Châtillon voit grand

En rupture avec l’ancienne majorité, la nouvelle municipalité de gauche entend donner toute sa place au vélo dans la ville. Des pistes temporaires ont déjà été aménagées, l’adhésion au Vélib a été votée et un plan vélo est à l’étude.

 Châtillon (Hauts-de-Seine), ce mardi. La ville de Châtillon a aménagé durant l’été des pistes temporaires qui complètent les pistes existantes.
Châtillon (Hauts-de-Seine), ce mardi. La ville de Châtillon a aménagé durant l’été des pistes temporaires qui complètent les pistes existantes. LP/Marjorie Lenhardt

Des pistes cyclables jaunes dessinées en urgence durant l'été, l'adhésion au syndicat Vélib voté en septembre, l'étude en cours d'un plan vélo… Ce ne sont que les prémisses d'une «vélorution» souhaitée par Nadège Azzaz, la nouvelle maire (PS) de Châtillon (Hauts-de-Seine), mais elles sont annonciatrices de très grands changements pour les mobilités douces dans les années à venir. Ce sont en tout cas des signes positifs pour les usagers concernés de la commune pour qui, il reste une très grande marge de progression.

En début d'année en effet, la fédération des usagers de la bicyclette (FUB), lui avait attribué la pire note possible de son palmarès des villes cyclables. Elle avait obtenu un G sur un barème allant jusqu'à A+.

«J'ai toujours eu très peur de faire du vélo à Châtillon»

La nouvelle majorité, qui en a fait l'un de ses chevaux de bataille durant la campagne, n'a donc pas attendu longtemps avant de prendre des premières mesures. «On revient de trente-sept ans de règne avec [ l'ancien maire ] Jean-Pierre Schosteck (LR), qui avait une opposition dogmatique et idéologique au vélo. Moi, j'ai grandi à Châtillon. J'ai toujours eu très peur d'y faire du vélo car je ne me sentais pas en sécurité», regrette la maire fraîchement élue.

Dès le mois de juillet, des pistes cyclables ont donc été dessinées en jaune, à l'image des coronapistes installées un peu partout dans la métropole depuis le mois de… mai. L'ancienne majorité ne s'y était pas résolue malgré la continuité logique qu'elles pouvaient représenter avec des villes comme Clamart ou Montrouge. Ces premiers aménagements ont notamment permis de combler des trous sur les itinéraires déjà existants.

«Il y avait déjà des aménagements, notamment sur la D906 mais avec des trous dans la raquette. C'était une vision très restrictive de l'usage du vélo, on faisait le minimum minimaliste et sans concertation», insiste Nadège Azzaz.

Ainsi, «des zones accidentogènes le long de la D906 et des traversées piétonnes-cyclables de la coulée verte ont été sécurisées», précise Andy Kangoud, conseiller municipal délégué à la mobilité.

Parmi ces aménagements, le carrefour du Général-de-Gaulle particulièrement anxiogène possède désormais une piste cyclable bidirectionnelle temporaire. Elle évite aux cyclistes du sud du territoire d'être dangereusement mêlés au flux motorisés.

Une nouvelle piste aux abords de la station de tram du centre-ville a été aménagée afin de sécuriser à la fois piétons et deux-roues. Enfin, une liaison temporaire de la coulée verte a été faite durant la phase des travaux de la gare de la ligne 15 du Grand Paris Express.

Les cyclistes «contents» mais ils demandent plus encore

«Ces aménagements tactiques ont permis de répondre à un besoin urgent et servent de plus à tester et apporter des améliorations avant pérennisation», assure l'élu délégué. Pour l'association Vélo Piéton Châtillon, qui a été consultée sur ces installations, il est encore un peu tôt pour se prononcer. «Mais les usagers sont contents de voir que les choses bougent, constate Brice Perrin, le président. Quand il y a eu des décennies du tout voiture, c'est compliqué de mettre en place une politique d'aménagement cyclable. Il y a encore énormément de choses à faire.»

Autre révolution en matière de mobilité douce et non des moindres : l'adhésion de la commune au syndicat mixte Vélib. Avec Villeneuve-la-Garenne, Châtillon a toujours fait de la résistance au système de vélos en libre-service, contrairement à ses villes voisines et comme la majorité des communes de petite couronne.

L'ancien maire a toujours refusé ce système pour une question de coût. Alain Gazo, élu d'opposition (UDI) issu de l'ancienne majorité, le confirme. «Il y avait un trou énorme dans les caisses d'Autolib auquel nous avions adhéré. Nous ne voulions pas que ce soit le même gouffre financier pour le Vélib. Ce n'était pas une question d'hostilité au vélo», argumente-t-il. Entre trois et cinq stations sont à l'étude actuellement.

Un plan vélo à l'étude

Elles devraient être déployées au courant du printemps 2021. Le coût d'exploitation pour la ville est estimé entre 18 000 et 22 000 euros par an et par station. Un coût que la municipalité actuelle est prête à endosser pour offrir un « service public » alternatif au transport en commun.

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Un plan vélo plus global est à l'étude, en lien notamment avec les associations mais aussi le territoire Vallée Sud Grand Paris ainsi que le département, dans le but de réaliser des axes cohérents entre les territoires, les transports en commun et les commerces. Le but : «Aménager le plus de kilomètres possible de pistes cyclables, qui puissent être utilisées par un enfant», souhaite Nadège Azzaz.

«La place du vélo dans notre ville doit être sanctuarisée, convient Alain Gazo. Mais attention à ne pas basculer dans une sorte d'impérialisme du tout vélo. Il doit être considéré comme un moyen de locomotion parmi d'autres.»

L'association Vélo Piéton Châtillon, quant à elle, souhaite «un vrai réseau cyclable utilisable par les moins aguerris». Brice Perrin prévient déjà les élus de la majorité : «Nous serons attentifs et exigeants.»