Nanterre : l’année universitaire (presque) normale de Maxime, en préparation des JO 2024

Maxime Tenu, 18 ans, est à la fois étudiant et espoir de la natation française. Un partenariat passé entre son club et l’université lui permet, malgré le contexte, de s’entraîner dans les meilleures conditions possible en vue des Jeux olympiques de Paris.

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 Nanterre, mercredi. Étudiant en première année de Staps, Maxime Tenu, 18 ans, figure sur la liste des étudiants sportifs de haut niveau (ESHN). Grâce au partenariat signé entre son club et la fac, il prépare les JO de 2024.
Nanterre, mercredi. Étudiant en première année de Staps, Maxime Tenu, 18 ans, figure sur la liste des étudiants sportifs de haut niveau (ESHN). Grâce au partenariat signé entre son club et la fac, il prépare les JO de 2024. DR

Alors que la grande majorité des étudiants hurle sa détresse, lui garde un moral d'acier. À 18 ans, Maxime Tenu, étudiant en Staps (sciences et techniques des activités physiques et sportives) à la fac de Nanterre, vit pourtant, dans un campus quasi-désert, une étrange première année universitaire. Une année que ce jeune espoir de la natation consacre, malgré la crise sanitaire, à la préparation des Jeux olympiques de Paris 2024.

Depuis son arrivée à Nanterre, en septembre dernier, l'étudiant, considéré comme sportif de haut niveau, bénéficie d'un programme d'entraînement sur mesure. Notamment à la faveur du partenariat passé entre l'université et son club, les Étoiles 92, en octobre dernier. Cette nouvelle structure regroupe six espoirs de la natation et trois champions : Jérémy Stravius, Camille Lacourt et Grégory Mallet.

Le partenariat offre à Maxime un accès privilégié au gymnase omnisports, à la salle de musculation ainsi qu'au bassin olympique du campus universitaire. Un bassin où ce solide gaillard d'1,88 m et de 83 kg plonge tous les jours ou presque pour enchaîner les longueurs sous les yeux de son coach, Olivier Sangaria. « Disons que j'ai des journées bien remplies, sourit l'étudiant au visage encore poupon. Et puis, j'ai des objectifs bien définis. Ça m'aide franchement à faire abstraction du contexte. »

«J'ai dû voir plus de moutons que d'étudiants»

Comme les autres étudiants de son âge, le jeune homme subit pourtant les conséquences de la crise sanitaire, obligé de suivre ses cours de physiologie, d'anatomie ou de biomécanique à distance, alors que les pratiques sportives de polyvalence se font en demi-groupe. « J'ai malgré tout le sentiment de suivre une scolarité normale, admet-il. C'est peut-être lié au fait d'habiter une chambre dans une résidence universitaire ou parce que je m'entraîne tous les jours. »

Peut-être aussi parce que le jeune homme - qui vit sa première année universitaire après l'obtention de son bac S, au printemps dernier - n'a jamais connu les amphis bondés et l'effervescence naturelle de la fac. « C'est vrai que depuis que je suis ici, j'ai dû voir plus de moutons que d'étudiants, se marre-t-il en observant le troupeau de la Ferme du Bonheur passer sous ses fenêtres. Mais encore une fois, le contexte ne me perturbe pas trop. Je vois les autres nageurs tous les jours et un lien s'est créé entre nous. »

Preuve que le partenariat signé entre son club et l'université fonctionne. « L'idée est de créer une situation favorable pour conjuguer réussite sportive et scolaire » explique-t-on du côté de l'université, où l'on espère bien devenir une base d'entraînement officielle des Jeux olympiques Paris 2024.

« On propose par exemple une proximité qui limite les déplacements. Les étudiants sportifs de haut niveau peuvent à la fois poursuivre leurs études et être logés près de leur lieu d'entraînement. » À l'image de Maxime, dont la chambre d'étudiant se situe à deux pas de la piscine.

41 sportifs de haut niveau étudiants de Staps

« L'unicité de lieu offerte par cette convention constitue un atout exceptionnel, estime l'entraîneur-chef Olivier Sangaria. Avec ces installations de top niveau, on se rapproche du modèle anglo-saxon où la formation sportive et la réussite scolaire sont étroitement liées. »

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Sur les 1400 étudiants en Staps que compte l'université de Nanterre, 41 figurent sur la liste des étudiants sportifs de haut niveau (ESHN). Tous profitent d'aménagements afin d'adapter leur rythme d'entraînement aux pratiques sportives de polyvalence et éviter les interférences entre le calendrier universitaire et leurs échéances sportives.

« Leur niveau de performance va de la deuxième division française en sports collectifs au Championnat du monde en sport individuel » précise la fac. Parmi eux, certains espoirs du judo et de l'athlétisme visent, comme Maxime, une qualification aux JO.