Nanterre : en détention après avoir dégradé une quarantaine de véhicules

L’homme qui a explosé des dizaines de vitres de voitures dans des rues de Nanterre doit être examiné par un psychiatre. En attendant l’expertise, il est derrière les barreaux.

 Au total, une quarantaine de véhicules stationnés rue Maurice-Thorez, rue Montpréau ou aux abords de la place de la Boule ont été détériorés.
Au total, une quarantaine de véhicules stationnés rue Maurice-Thorez, rue Montpréau ou aux abords de la place de la Boule ont été détériorés. DR

À l'écouter, c'est parce qu'il n'a pas reçu sa « piqûre » que Yocine E. a explosé, dans la nuit du 7 au 8 février, des pare-brise à la chaîne dans les rues de Nanterre. Et de toute évidence, l'injection qu'il réclame à cor et à cri ne lui avait toujours pas été administrée ce mardi, quand le jeune homme a été présenté, selon une procédure de comparution immédiate, devant le tribunal correctionnel de Nanterre.

Le corps parcouru de tics nerveux, c'est en se tenant l'estomac à deux mains que Yocine E. est apparu dans le box. « J'assume tout et je m'excuse auprès des propriétaires des véhicules, lâche-t-il d'emblée dans un débit ultrarapide. Mais je suis malade et ce jour-là, je n'ai pas eu ma piqûre à l'hôpital psychiatrique. »

«Je rembourserai les gens quand j'aurai des sous»

Sans ce fameux traitement, le jeune homme, qui se présente comme « autoentrepreneur dans la livraison », aurait été en proie à un soudain accès de violences. Un coup de folie qui l'aurait poussé à s'emparer d'une grosse pierre qu'il a ensuite expédiée dans tous les véhicules stationnés le long de sa route. D'abord place de la Boule, puis rue Gambetta, rue Jules-Gautier, rue Maurice-Thorez et enfin rue Montpréau où il sera finalement interpellé par la police.

« Il s'agit d'un véritable déchaînement de violences, gronde la substitut du procureur. Il a provoqué des dégâts importants en explosant des vitres et des rétroviseurs ; Le tout dans un délai très court. » « Je rembourserai les gens quand j'aurai des sous, répond de son côté le jeune homme au casier judiciaire déjà noirci par 19 condamnations. Encore une fois, j'assume mes conneries, pas besoin d'avocat… »

Le tribunal a en revanche considéré que le prévenu avait besoin d'une expertise psychiatrique. Une expertise que Yocine E. reconnaît avoir refusé lors de sa garde à vue, tout comme la rencontre avec l'enquêtrice de personnalité et l'aide de l'avocate de permanence. En attendant son examen psy et même s'il estimait ne pas mériter la prison, le prévenu a été maintenu en détention. S'il est déclaré apte, il sera jugé le 9 mars prochain.