« Moralement c’est dur » : 200 étudiants de Nanterre dénoncent la précarité et l’isolement

Répondant à l’appel lancé par le syndicat la Fage, les étudiants ont notamment réclamé la réouverture partielle de l’université.

 Quelque 200 étudiants se sont rassemblés ce mardi à la fac de Nanterre pour réclamer un retour plus massif en présentiel.
Quelque 200 étudiants se sont rassemblés ce mardi à la fac de Nanterre pour réclamer un retour plus massif en présentiel. Twitter/@FaxNanterre

Ils tenaient à exprimer leur malaise. Moins d'une semaine après les annonces d'Emmanuel Macron à l'occasion de son passage à Saclay (Essonne), environ 200 étudiants se sont rassemblés, ce mardi, à la fac de Nanterre, pour dénoncer la grande précarité dans laquelle la crise sanitaire a fait basculer une partie d'entre eux.

Répondant à l'appel du syndicat la Fage, les manifestants, regroupés dans le respect des gestes barrière sur les pelouses qui font face au bâtiment de Droit, tenaient à se mobiliser sur leur campus plutôt qu'à Paris, pour réclamer la réouverture partielle de l'université. Le tout à grand renfort de pancartes et de banderoles barrées du slogan : « Moins d'ordi, plus d'amphi ».

« On a besoin que les facs rouvrent, plaide Manon, étudiante en deuxième année de sciences politiques. Depuis février dernier, je suis revenue une semaine à la fac, en octobre. Depuis, tous les cours, tous les TD sont en distanciels. Même nos partiels, on les a passés à distance. »

« On ne dit pas que rien n'est fait pour les étudiants »

L'étudiante, dont les parents habitent à quelques kilomètres de l'université, sait qu'elle n'est pas la plus à plaindre. Mais elle se dit « solidaire » de ceux qui doivent se débrouiller, seuls, coincés dans leurs chambres d'étudiant.

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« Moralement c'est dur, appuie Alexandre, étudiant en histoire. Notamment pour les L1 qui n'ont eu l'occasion de découvrir l'université que pendant un petit mois. » Ce mardi, plusieurs témoignages ont été lus lors du rassemblement pour relater le calvaire vécu depuis des semaines par les plus précaires.

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« Attention, on ne dit pas que rien n'est fait pour les étudiants, nuance toutefois Manon. Avec cette mobilisation, on tenait d'ailleurs à saluer l'administration de l'université qui fait ce qu'elle peut et qui a toujours gardé le contact avec les étudiants. »