Montrouge : les élus augmentent de 50% leurs indemnités, l’opposition s’étrangle

Un point sensible abordé vendredi soir lors du débat d’orientation budgétaire. La majorité municipale assume.

 Montrouge (Hauts-de-Seine), ce vendredi. C’était le deuxième conseil municipal de la nouvelle équipé municipale, élue avec 45% des voix en juin dernier.
Montrouge (Hauts-de-Seine), ce vendredi. C’était le deuxième conseil municipal de la nouvelle équipé municipale, élue avec 45% des voix en juin dernier. LP/Simon Gourru

C'est une hausse qui dans le contexte économique actuel a du mal à passer pour une partie de l'opposition au maire (UDI) de Montrouge, Etienne Lengereau. Lors du débat d'orientation budgétaire, présenté ce vendredi soir en conseil municipal, Demain Montrouge a reproché à la majorité de prévoir une hausse de 50% de leurs indemnités dans le budget 2021, qui sera voté en décembre.

Si la démarche est tout à fait légale, le groupe d'opposants s'est interrogé sur l'aspect moral du dossier. «Dans cette période de crise liée au Covid était-ce vraiment prioritaire ? questionne Juliette Méadel, ancienne tête de liste pour Demain Montrouge. Peut-être aurait-il été plus éthique, a minima, d'en reverser une partie.»

Les indemnités indexées sur la démographie locale

Pour l'édile, cette hausse est justifiée et encadrée par la loi. «Car nous avons augmenté de deux le nombre d'adjoint et que la ville a passé le seuil des 50 000 habitants», a-t-il résumé. Les indemnités de base des élus sont en effet indexé sur la démographie locale. «Nous devrions donc décider de percevoir moins ? Cela serait considérer que le législateur fait mal fait son travail. C'est un raisonnement démagogique.»

Pas de quoi convaincre Antoine Bouchez, ancien membre de la majorité dans la précédente mandature passé chez Demain Montrouge. «Je ne pense pas que la somme de travail se soit multipliée à ce point alors que nous n'avons gagné que quelques centaines d'habitants, avance-t-il. Rappelons que votre prédécesseur n'utilisait pas 100% de cette enveloppe. Cela représente une somme d'environ 100 000 euros par an qui pourrait être mieux utilisée.»

Un discours «populiste», selon le maire

L'opposition s'est également appuyée sur le métier de l'édile qu'il a décidé de poursuivre, en partie, en parallèle de son poste d'élu. «Vous avez en plus choisi d'être un maire à mi-temps !»

«J'assume d'avoir conservé un mi-temps dans une entreprise mais je crois faire mon temps plein en tant que maire, cela occupe mes soirées et mes week-ends, a répliqué Etienne Lengereau pour qui le fond du discours reste populiste. L'idée de faire croire que les élus sont là pour s'en mettre plein les poches n'honore pas la démocratie.»