Mobilisation pour les sans-fac à Nanterre : quatre mois avec sursis requis contre les étudiants de l’Unef

Jugés pour avoir exercé des violences sur des vigiles de l’université lors de la mobilisation en faveur des jeunes restés sans affectation, le 7 octobre 2019, les quatre étudiants contestent les faits qui leur sont reprochés.

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 Nanterre. Tous militants de l’Unef, Selim, Barthélémy, Victor et Ayoub contestent les faits de violences qui leur sont reprochés.
Nanterre. Tous militants de l’Unef, Selim, Barthélémy, Victor et Ayoub contestent les faits de violences qui leur sont reprochés. LP/David Livois

Ils sont soupçonnés d'avoir usé de violences pour défendre la cause des « sans fac ». Quatre mois de prison avec sursis ont été requis contre Victor, Barthélémy, Selim et Ayoub, quatre étudiants de Nanterre (Hauts-de-Seine) jugés par le tribunal correctionnel pour leur implication dans un mouvement de foule ayant blessé des vigiles, le 7 octobre 2019, à l'université, dans le cadre de la mobilisation en faveur des étudiants restés sans affectation.

Les faits de violences qui leur sont reprochés, les quatre étudiants, dont les avocats ont plaidé la relaxe, les ont toujours niés. Pendant leur garde à vue ou lors de l'instruction, les quatre hommes, tous membres de l'Unef (Union nationale des étudiants de France), ont toujours répété n'avoir jamais levé la main sur les hommes du service de sécurité de la fac, ce jour-là, en marge d'une commission de formation et de la vie universitaire (CFVU). Une commission pour laquelle Victor et Barthélémy n'avaient pas reçu de convocation bien qu'ils y soient élus tous les deux.

« Ce jour-là, il y avait une volonté délibérée de nous empêcher de siéger et de plaider la cause des sans-fac, rembobine Victor. Les vigiles nous ont repoussés mais de notre côté, personne n'a porté le moindre coup. Le rapport de force physique ne fait pas et n'a jamais fait partie de notre culture syndicale. » « Nous étions là dans une optique pacifiste, appuie de son côté Selim. Dans l'activité de l'Unef, il n'y a pas d'action violente. »

Un climat de défiance

Alors que s'est-il réellement passé ce 7 octobre 2019 sur le campus universitaire ? D'un côté, les agents de sécurité, dont deux ont retiré leurs plaintes, disent avoir subi la colère et la violence des militants, affirmant avoir été littéralement « piétinés ».

De l'autre les quatre étudiants, souvent désignés comme les meneurs de la contestation, accusent les vigiles de les avoir chargés alors qu'ils tentaient d'entrer, sans heurts, dans le bâtiment Grappin, tour symbolique qui abrite à la fois les bureaux de la présidence et de la direction générale des services.

Une chose est sûre : l'épisode traduit le climat de défiance qui régnait à l'époque sur le campus. Pour soutenir la cause de ces étudiants sans affectation, les plus engagés, et notamment les quatre prévenus, multipliaient les actions et les rassemblements, allant jusqu'à investir, pendant plus de 55 heures, le bâtiment B.

« Il s'agissait d'une période de gestion autoritaire, lâche un enseignant cité comme témoin. Il y avait une grande tension entre, d'un côté, la présidence et, de l'autre, les étudiants et une partie des enseignants-chercheurs. »

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Un contexte qui n'excuse rien aux yeux du ministère public. Au contraire. Pour la substitute du procureur, les quatre étudiants, en tant que « citoyens engagés » devaient, dans ce moment de tension, respecter une « exemplarité particulière ». Le délibéré est attendu le 15 mars.