Meurtre de Bilel à Asnières : «Mon fils est innocent», clame la mère de l’accusé

Moussa D., 27 ans, est jugé depuis lundi pour le meurtre d’un jeune homme tué d’une balle dans la tête à Asnières, en septembre 2017. Il a continué à nier son implication dans le drame, ce mardi, devant la cour d’assises des Hauts-de-Seine.

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 Asnières, en septembre 2017. Le meurtre a eu lieu place Le-Vau, dans le quartier des Courtilles, en pleine journée.
Asnières, en septembre 2017. Le meurtre a eu lieu place Le-Vau, dans le quartier des Courtilles, en pleine journée. LP/Victor Tassel

Il se dit « innocent » et estime être victime d'une « erreur judiciaire ». Moussa D. nie fermement avoir le moindre lien avec le meurtre de Bilel B., tué à Asnières (Hauts-de-Seine), sur la place Le-Vau, dans le quartier des Courtilles, le 20 septembre 2017. D'une balle dans la tête.

Au deuxième jour du procès de cet homme de 27 ans, jugé avec deux copains soupçonnés de l'avoir aidé dans sa cavale, la cour d'assises des Hauts-de-Seine s'est penchée ce mardi sur la personnalité du principal accusé au travers des dépositions de ses proches et des psys.

« Mon fils est innocent. Il est incapable de commettre ce qu'on lui reproche, témoigne la mère de Moussa. C'est pour ça qu'on le soutient depuis qu'il est en prison. »

« Si on avait un doute sur sa culpabilité, on ne le soutiendrait pas comme ça », abonde le jeune frère de l'accusé. La sœur jumelle de Moussa livre en substance le même discours. Et tous disent leur frère et fils très « marqué » par la mort de son meilleur ami.

«On sent qu'il veut éviter les échanges»

Ce meilleur ami, c'était Samy, cet adolescent tué en 2011 à l'âge de 15 ans, en lisière d'Asnières et Gennevilliers. « Moussa a été traumatisé », assurent ses proches. Quelques mois plus tard, il y eut « la balle perdue ». « Je sortais du lycée La Tournelle (NDLR : à La Garenne-Colombes), je rentrais chez moi, raconte Moussa depuis le box. Il y a eu une fusillade, j'ai pris une balle dans la cuisse. »

Pas très causant, ce grand gaillard taillé comme une armoire à glace ne répond qu'en peu de mots quand l'avocate générale veut aller plus loin. « Ce n'était pas à la sortie du lycée ? », le relance-t-elle. « J'arrivais chez moi. »

A l'époque, en novembre 2011, Moussa et sa famille avaient quitté Asnières pour s'établir à Colombes. Cette « balle perdue », Moussa l'a reçue ici, dans la cité des Côtes-d'Auty agitée à l'époque par une série de règlements de comptes. Et entre la mort de son ami et la fusillade, Moussa a été impliqué dans une agression. « C'était la mauvaise année, je n'ai rien à ajouter », élude-t-il.

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« On sent qu'il veut éviter les échanges », relève le psychologue qui a déposé à la barre ce mardi, décrivant un homme optant pour « l'évitement dans les situations le mettant en danger ». S'il souligne la « bonne coopération » de Moussa lors de l'expertise psychologique, le praticien observe que le jeune homme « n'était pas dans la transparence absolue ».

Fusil à pompe et fusil-mitrailleur

Alors les jurés sauront-ils ce qu'il s'est vraiment passé le jour du drame ? Rien n'est moins sûr. L'enquêteur de la police judiciaire a été longuement interrogé, ce mardi. Il a retracé l'enquête nourrie au départ d'une « rumeur » selon laquelle un prénommé Moussa était le tireur.

Le recoupement des témoignages et l'analyse des bornages téléphoniques ont mené à Moussa D. Celui-ci avait disparu des radars immédiatement après le crime jusqu'à son arrestation, quatre mois plus tard, alors qu'il embarquait pour le Sénégal. Entre-temps, Moussa est allé au Havre (Seine-Maritime) et à Gennevilliers, dans un appartement sous-loué, où la police a découvert un fusil à pompe, un fusil-mitrailleur et leurs munitions.

Ibrahim M. et Tapsirou B., qui comparaissent aussi devant la cour d'assises, sont jugés pour avoir planqué Moussa D. en Normandie et dans cet appartement de Gennevilliers. Le procès se poursuit ce mercredi avec l'audition de témoins, notamment ceux que la PJ 92 a interrogés sous X.