Mama Shelter prend ses quartiers à La Défense

En pleine crise du Covid, Serge Trigano, l’ex-patron du Club Med s’apprête à ouvrir cinq nouveaux hôtels, dont un à La Défense. Histoire d’une renaissance.

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 Le dernier Mama Sherter parisien ouvrira à la Défense en novembre prochain dans un tour de 14 étages située à Puteaux, en lisière de l’esplanade.
Le dernier Mama Sherter parisien ouvrira à la Défense en novembre prochain dans un tour de 14 étages située à Puteaux, en lisière de l’esplanade. DR

Rien n'arrête Serge Trigano! Pas même le Covid. Alors que le virus paralyse le secteur de l'hôtellerie, le fils du cofondateur du Club Med poursuit le développement de sa chaîne d'hôtels Mama Shelter. Cinq nouveaux établissements ouvriront courant 2021 : un de 14 étages dans le quartier d'affaires de La Défense - les travaux devraient être terminés d'ici la fin d'année - et les autres à Rome, Lisbonne, Bahreïn et Dubaï.

A 74 ans, l'homme d'affaires continue d'implanter dans les grandes métropoles mondiales ses établissements qu'il aime à définir comme « des lieux de vie et de fête », luxueux mais abordables. Son petit empire se composera fin 2021 de 18 établissements, dont trois à Paris, où l'aventure a démarré en 1998 avec l'hôtel historique de la rue de Bagnolet (XXe arrondissement), presque en face de la mythique Flèche d'Or.

Dans une tour de 14 étages

Le futur Mama Shelter parisien ouvrira ses portes en novembre prochain dans l'ancienne tour Litwin érigée à la fin des années 1960, rue Jean-Jaurès à Puteaux (Hauts-de-Seine), en lisière du parvis de La Défense. « Le quartier d'affaires est en train de se transformer en un lieu de vie pour les milliers de salariés qui travaillent sur place en temps normal. Nous arrivons juste à temps », se félicite le PDG du groupe, toujours foncièrement optimiste. Au beau milieu de cet univers de bureaux froids et impersonnels, Serge et ses deux fils, Jérémy et Benjamin, cofondateurs et codirigeants du groupe Mama Shelter, ont imaginé « un lieu de vie décalé », avec, au rez-de-chaussée, un restaurant « décontracté », où cols blancs et touristes pourront s'attabler autour d'une salade ou d'un burger.

Un roof top avec une vue imprenable sur Paris

Au premier étage, les salariés de La Défense auront la possibilité de se retrouver après le bureau dans le « sport bar » pour assister à un match de foot ou de base-ball retransmis sur des écrans panoramiques, tout en sirotant une bière et en avalant des amuse-gueule. Sur le roof-top, il y aura un « restaurant panoramique » offrant une vue imprenable sur tout Paris et le Bois de Boulogne. L'établissement, d'une capacité de 211 chambres (de 129 à 140 euros la nuit), sera aussi doté de salles de conférences et de réunions. « Les salariés pourront venir prendre un verre, les touristes trouveront une offre un peu plus sympa que dans les hôtels alentour et nous espérons aussi attirer une clientèle de loisirs car La Défense n'est qu'à trois stations de métro de Paris. »

Le dernier Mama Sherter parisien ouvrira à la Défense en novembre prochain dans un tour de 14 étages située à Puteaux, en lisière de l’esplanade./DR
Le dernier Mama Sherter parisien ouvrira à la Défense en novembre prochain dans un tour de 14 étages située à Puteaux, en lisière de l’esplanade./DR  

Covid ou pas Covid, Serge Trigano s'est visiblement endurçi depuis son éviction du Club Med en 1997 et entend bien mener ses projets jusqu'au bout. « Ils ont été retardés à cause de l'épidémie mais il n'a jamais été question d'y renoncer », assure-t-il. L'année 2020 aurait pourtant pu lui faire perdre le moral. En 2020, son groupe a accusé des pertes importantes. « On prévoyait un chiffre d'affaires de 120 millions d'euros contre 80 millions d'euros en 2019. Il ne sera que de 40 millions d'euros », indique-t-il. Un coup dur pour les Trigano père et fils qui affichaient une croissance annuelle de 10 à 15 % depuis l'ouverture de leur premier Mama Shelter.

« A la fin de l'année, on verra le bout du tunnel »

Aujourd'hui, ses hôtels sont presque tous fermés, provisoirement bien sûr. « Contrairement à d'autres pays, l'Etat français nous a beaucoup aidés. Nos équipes sont en chômage partiel ou en télétravail », tempère le chef d'entreprise qui emploie 1 400 salariés dans le monde (à Paris, Bordeaux, Lille, Lyon, Marseille, Toulouse, Belgrade, Londres Luxembourg, Prague, Los Angeles et Rio). Pas trop risqué d'ouvrir de nouveaux établissements à l'heure où l'hôtellerie traverse la crise la plus grave de son histoire? « On vit une période difficile mais maintenant que la vaccination a démarré, j'espère que nous allons voir le bout du tunnel, d'ici à la fin de l'année. Les gens auront alors une envie formidable d'aller au restaurant, les entreprises voudront réunir leurs équipes et les touristes reviendront », veut croire l'ancien patron du Club Med.

En attendant des jours meilleurs, les Trigano s'adaptent. A Paris, l' établissement du XV e, à la Porte de Versailles, propose en click & collect des plats servis en room service. Autre nouveauté, le Mama Shelter du XXe livre via Uber Eat ou Deliveroo, ses légendaires pizzas que l'on peut acheter également sur place. Les Trigano profitent aussi de cette période pour tester la carte du futur Mama Shelter de La Défense. Et rechercher la petite touche qui singularisera les nouveaux établissements, comme cette grande bibliothèque spécialisée dans les livres d'art et de design Italien qui trônera dans le futur hôtel de Rome, qui doit ouvrir ses portes en mai prochain. Ailleurs, ce sera un karaoké ou un cinéma comme à Londres.