Malgré le confinement, 22 morts sur les routes des Hauts-de-Seine en 2020

Les piétons âgés et les pilotes de deux-roues motorisés restent les principales victimes des accidents de la route mortels dans le département, selon le dernier bilan publié par la Sécurité routière.

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 Vaucresson, le 13 décembre dernier. Une voiture avait fait plusieurs tonneaux sur l’autoroute A 13 dans un accident qui avait blessé les 5 personnes à bord.
Vaucresson, le 13 décembre dernier. Une voiture avait fait plusieurs tonneaux sur l’autoroute A 13 dans un accident qui avait blessé les 5 personnes à bord.  BSPP/M.Lefèvre

Un accident de la route a coûté la vie à un motard, il y a une semaine, sur l'A86, à hauteur de Villeneuve-la-Garenne. Un événement peu commun dans les Hauts-de-Seine, un département où le réseau autoroutier est court (37 km) et traditionnellement peu meurtrier.

En 2020, selon le dernier bilan de la Sécurité routière, deux personnes ont perdu ainsi la vie sur l'A 86 dans les Hauts-de-Seine. Deux accidents survenus à quatre jours d'écart, les 15 et 19 septembre à hauteur de Gennevilliers et Nanterre, et qui ont pour troublante similitude d'avoir, à chaque fois, emporté des motocyclistes.

Malgré le confinement, 22 morts sur les routes des Hauts-de-Seine en 2020

Les pilotes de motos, scooters et autres tricycles motorisés paient chaque année un lourd tribut sur les routes des Hauts-de-Seine. Comme en 2019, ils sont encore huit à y avoir perdu la vie l'an dernier, soit environ un tiers du nombre de décès constatés sur les routes. Ce dernier s'établit à 22 en 2020, contre 25 l'année précédente (-12 %). Une légère baisse qui peut s'expliquer par les mesures de confinement, notamment au printemps 2020. Ainsi, il n'y a eu aucun accident mortel recensé pour les mois de février, mars et avril, une période marquée pour moitié par le premier confinement destiné à lutter contre la propagation du Covid-19.

La difficile cohabitation entre les moyens de circulation

Mais ce sont les piétons qui restent les premières victimes des accidents mortels enregistrés dans le département : près de la moitié en 2020, soit dix personnes (neuf en 2019). Autre constat : presque tous ont plus de 65 ans.

« Nous avons un territoire très urbain, avec une forte cohabitation de plusieurs modes de transport (scooters, vélos, trottinettes…). Ce partage se fait au détriment des usagers vulnérables, les piétons donc, et parmi les plus vulnérables, les personnes très âgées, qui souffrent d'une perte d'attention et peinent à s'adapter aux nouveaux modes », analyse Sandra Guthleben, la directrice de cabinet du préfet des Hauts-de-Seine.

« Les pilotes de deux-roues font aussi partie des populations vulnérables, notamment ceux qui ne sont pas bien équipés », fait-elle encore remarquer, en évoquant le nombre de morts mais aussi celui des blessés.

Forte baisse du nombre de blessés

Ce dernier, comme partout en France, a fortement baissé en 2020 : 2 110 victimes contre 2 873 en 2019 (-27 %). Le nombre d'accidents corporels a diminué dans la même proportion : de 2 534 en 2019 à 1 872 en 2020. Là encore, cette baisse est liée aux mesures de confinement, qui ont limité la circulation.

Les conduites dangereuses n'ont pas pour autant disparu. Les refus de priorité, l'alcool, les dépassements dangereux, la vitesse excessive ou inadaptée, ainsi que la consommation de stupéfiants sont les principales causes de mortalité routière identifiées, en plus des mauvaises conditions de circulation.

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En 2020, la préfecture a recensé 4 563 procès‐verbaux et 75 suspensions de permis pour excès de vitesse ; 646 contrôles positifs à l'alcool et 399 suspensions de permis pour alcoolémie ; 537 contrôles positifs aux stupéfiants et 148 suspensions de permis pour le même motif.

Les contrôles se poursuivront cette année. « La vigilance sera particulièrement portée sur les infractions liées aux comportements dangereux : alcoolémie et consommation de stupéfiants, excès de vitesse et usage du téléphone portable au volant », prévient la préfecture.

Les coronapistes feront l'objet d'un bilan

« La sécurité routière, c'est d'abord de la prévention mais la crise sanitaire affecte les actions de prévention et de sensibilisation, qui se font plutôt en présentiel. Alors, il est vrai que les contrôles restent la partie visible », relève Sandra Guthleben.

Les aménagements urbains font aussi partie de la prévention. Un bilan est notamment en cours sur les coronapistes, « pour voir ce qui a bien fonctionné ou non ». L'accidentologie sur ces nouvelles pistes cyclables sera évidemment étudiée de près.

Elles ne sont cependant pour rien dans la mort de trois cyclistes, l'an passé. Tous ont été écrasés par des camions, vraisemblablement victimes d'un angle mort.