Malakoff : un élève en fauteuil privé d’aide pendant quatre semaines

Souffrant d’une amyotrophie spinale, un écolier de 7 ans doit se débrouiller, depuis la rentrée, sans son précieux accompagnant. L’inspection académique annonce un recrutement imminent.

 Malakoff, ce mercredi. Entre quarante et cinquante personnes, élus et parents d’élèves, se sont rassemblées devant l’école élémentaire Jean Jaurès pour dénoncer la situation d’un élève handicapé privé d’AESH depuis la rentrée. Le cortège a rejoint les locaux de l’inspection où des panneaux et des affiches ont été accrochés aux grilles.
Malakoff, ce mercredi. Entre quarante et cinquante personnes, élus et parents d’élèves, se sont rassemblées devant l’école élémentaire Jean Jaurès pour dénoncer la situation d’un élève handicapé privé d’AESH depuis la rentrée. Le cortège a rejoint les locaux de l’inspection où des panneaux et des affiches ont été accrochés aux grilles. DR

Le jour de la rentrée, Arthur*, 7 ans, n'a pas été en mesure, malgré son envie pressante, de se rendre aux toilettes de l'école élémentaire Jean Jaurès, à Malakoff. La faute à l'absence d' AESH, cet accompagnant d'élève en situation de handicap dont l'enfant, en fauteuil roulant, est privé depuis maintenant quatre semaines. Une situation inacceptable aux yeux des parents d'élèves qui, ce mercredi, ont réclamé un recrutement d'urgence.

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Dès 8h30, une quarantaine de personnes se sont rassemblées devant l'établissement scolaire avant de rallier, en cortège, les locaux d'une antenne de l'inspection académique, rue de la Tour. « Ce qu'on dénonce, c'est une inertie, un manque de réactivité de l'Education nationale, insiste un parent d'élèves membre de la FCPE. Ce petit garçon est scolarisé dans cette école depuis la petite section. Sa situation est connue de longue date et en juillet dernier, tout le monde à l'école savait que son AESH était sur le départ. »

Cet été pourtant, rien n'a filtré sur l'arrivée d'un potentiel successeur. « La vérité c'est qu'on a eu très peu d'information, regrette le père d'Arthur. Personne n'était en mesure de nous dire si, oui ou non, un auxiliaire avait été recruté. On a compris le jour de la rentrée après avoir attendu, en vain, dans la cour de récréation, que quelqu'un vienne vers nous… »

«Un vivier inexistant en cas d'imprévu »

Une rentrée douloureuse donc. Car pour Arthur, l'aide d'un accompagnant se révèle primordiale. L'enfant souffre en effet d'une amyotrophie spinale, déficit de force liée à une atrophie des muscles. « Il n'a aucun problème cognitif mais il a besoin de quelqu'un pour lui mettre et lui enlever son manteau, l'emmener aux toilettes et même lui enlever les bouchons de ses stylos, énumère son père. Sans aide, c'est compliqué mais malgré tout, il n'a pas manqué l'école. »

Problème : l'absence du précieux auxiliaire a pesé pendant plusieurs semaines sur l'équipe éducative en place, qu'il s'agisse des enseignants ou des animateurs. « Disons qu'ils se partagent la charge, observe-t-on à la FCPE. Quand par exemple, l'enfant demande à son enseignante de l'emmener aux toilettes, celle d'à côté doit surveiller deux classes en même temps. Et malheureusement, la situation de ce petit garçon n'est pas un cas isolé. Elle illustre une mauvaise organisation pour le recrutement d'AESH ainsi qu'un vivier inexistant en cas d'imprévus ».

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Si elle ne nie pas quelques difficultés de recrutement, l'inspection académique rappelle que l'école inclusive figure parmi ses priorités, assurant au passage que « tous les enfants faisant l'objet d'une notification MDPH (Maison départementale des personnes handicapées), bénéficient du soutien d'un accompagnant ». En septembre 2019, l'académie de Versailles avait en effet augmenté le nombre de postes, comptant 5 077 AESH répartis sur ses quatre départements (Val-d'Oise, Essonne, Hauts-de-Seine et Yvelines).

Mais concernant l'école élémentaire Jean Jaurès et la situation d'Arthur, l'inspection explique avoir joué de malchance. Un premier accompagnant s'est soudainement désisté puis son remplaçant s'est retrouvé en arrêt maladie. Une bonne nouvelle toutefois : « le processus de recrutement vient de s'achever » et un nouvel AESH devrait signer son contrat dès vendredi.

*Le prénom a été modifié