La recyclerie du Luth, à Gennevilliers, va ouvrir une antenne à Levallois-Perret

Après 18 mois d’existence, la Fabric’A est sur tous les fronts et ne cesse de grandir. Au point de pouvoir s’exporter hors de ses bases Gennevilloises.

 Gennevilliers, le 26 septembre. Samia Jeloul (à droite) est la fondatrice de la Fabric’A, la ressourcerie implantée au Luth. Un an et demi après son ouverture, elle multiplie les activités et va même ouvrir une antenne à Levallois-Perret.
Gennevilliers, le 26 septembre. Samia Jeloul (à droite) est la fondatrice de la Fabric’A, la ressourcerie implantée au Luth. Un an et demi après son ouverture, elle multiplie les activités et va même ouvrir une antenne à Levallois-Perret. LP/O.B.

A partir de ce vendredi, Gennevilliers accueille le 5e festival de l'économie alternative. Parmi les participants, la Fabric'A, cette recyclerie basée au Luth depuis mars 2017. Employant six salariés en insertion et trois permanents, elle récupère à peu près tout pour « donner une seconde vie aux objets », résume Samia Jeloul, la présidente. En un an et demi, la boutique solidaire n'a cessé de croître et s'apprête même à s'implanter bien loin des barres du Luth... dans la cossue Levallois-Perret.

Sollicitée par le bailleur France Habitation, la structure va en effet franchir la Seine d'ici la fin de l'année et ouvrir une antenne rue Pablo-Neruda, à deux pas du centre commercial So Ouest. Le constat est simple. Il y a deux publics pour la « récup'» et le réemploi : les personnes dans le besoin qui y ont recours parce que c'est peu cher et celles qui le font par souci de l'environnement, une population peut-être plus « bobo » avec des revenus plus élevés.

« Les ateliers de Levallois nous permettront de nous maintenir au Luth »

« Ici, au Luth, nous avons une population fragile. On montre que le réemploi est un autre mode de consommation », analyse Samia Jeloul. A Levallois, la population visera sera plus intéressée par la « récup tendance », ateliers do-it-yourself à la clé. « A Gennevilliers, le panier moyen n'est que de 5 €, constate Samia Jeloul. Dans les ressourceries parisiennes il monte à 8-9€. Les ateliers de Levallois nous permettront de nous maintenir au Luth. C'est cela la solidarité ! »

Pour transformer des pneus en poufs ou des nuanciers de tissus en étuis à lunettes, la Fabric'A peut compter sur des dons nombreux... et de qualité. « Les habitants ne donnent que des vêtements en bon état. Comme ils sont aussi clients, ils ne prennent pas la ressourcerie pour une déchetterie », insiste Samia Jeloul. Des entreprises locales font aussi partie des « fournisseurs », comme les Cafés Richard, dont les sacs de jute font de jolis accessoires de mode une fois passés entre les mains de Catherine, ancienne tapissière recrutée en insertion.

Aujourd'hui, son magasin, ses locaux administratifs, deux réserves, un atelier bricolage-peinture et un autre consacré à la menuiserie portent la surface de la Fabric'A à quelque 600 m². Une envergure qui lui a permis de réaliser ces derniers mois des bacs à fleurs pour des jardins partagés, des clôtures pour le bailleur I3F, du mobilier pour des écoles de Gennevilliers et Bondy (Seine-Saint-Denis), animer des ateliers pour le groupe Up ou participer à une vente aux enchères caritative. « Après un an d'existence, on a travaillé sur des projets auxquels on n'aurait jamais pensé », reconnaît Samia Jeloul.