L’héritier de Caviar Volga, propriétaire de la Maison du Caviar, condamné à trois ans de prison

Selon le jugement rendu ce mardi, par le tribunal correctionnel de Nanterre, Cyril de Lalagade est coupable d’avoir pioché dans la caisse de l’entreprise familiale, mais il est relaxé d’abus de faiblesse.

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 Cyril de Lalagade a comparu devant le tribunal correctionnel de Nanterre en décembre. Le jugement a été rendu ce mardi.
Cyril de Lalagade a comparu devant le tribunal correctionnel de Nanterre en décembre. Le jugement a été rendu ce mardi. DR

Cyril de Lalagade échappe à un retour en prison. Ce mardi, la 14e chambre du tribunal correctionnel de Nanterre (Hauts-de-Seine) l'a condamné à trois ans d'emprisonnement, dont un avec sursis, pour s'être servi dans les caisses de Caviar Volga - l'entreprise familiale qui possède le très chic restaurant la Maison du Caviar -, en 2015 et 2016, à l'époque où sa famille exploitait encore l'établissement.

Le prévenu a aussi écopé d'une amende de 80 000 euros. Cyril de Lalagade, 50 ans, est en revanche relaxé pour les accusations d'abus de faiblesse sur sa grand-mère, à la tête des sociétés familiales, et de vol bouteilles de champagne et de boîtes de caviar à la cave.

La peine d'emprisonnement est aménageable. « Un soulagement » pour Cyril de Lalagade, qui redoutait d'être incarcéré. Pour autant, il va réfléchir à un éventuel appel, confie-t-il au sortir de la salle d'audience.

« Malgré les relaxes, la peine est bien sévère dans cette affaire purement financière et sans aucune victime », juge Me Jean Tamalet, l'un de ses avocats. Lui et Me David-Olivier Kaminski vont donc étudier le jugement et « réfléchir à un appel ».

Car, comme il l'avait dit lors de son procès en décembre dernier, Cyril de Lalagade considère qu'on lui en a mis « un peu trop sur le dos ». Tout en reconnaissant « des erreurs » qu'il explique par ses « addictions » d'alors.

Di Caprio et les sœurs Kardashian invités à sa table

Cocaïnomane, jet-setteur, il invitait sans compter à la table du restaurant, parfois aussi à l'Arc, la boîte de nuit huppée proche de l'Arc de Triomphe, mais toujours aux frais de la société familiale. Ainsi Leonardo di Caprio s'est-il à l'époque régalé à la Maison du Caviar, de même que les sœurs Kardashian. Le soir où Kim Kardashian s'est fait ligoter après dans son hôtel, selon l'intéressé.

C'était une technique commerciale, avait expliqué Cyril de Lalagade à la barre. Comme son grand-père le lui a appris, mieux vaut faire venir des célébrités au restaurant plutôt qu'investir dans des campagnes de publicité.

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À l'époque, en 2016, Cyril de Lalagade est directeur commercial de Caviar Volga, la société mère, depuis un an. Il sortait de prison après une condamnation pour viol. Comme elle l'a toujours fait, sa grand-mère l'a récupéré.

C'est elle qui l'a élevé dans son immense appartement de l'avenue Foch, elle qui a financé son train de vie dispendieux et l'a toujours couvert. À la sortie de prison de son petit-fils, elle était donc là, comme toujours, et lui a permis d'obtenir le titre de « directeur commercial ».

Les soupçons nés d'une procédure de sauvegarde

Mais en cette année 2016, la mauvaise gestion des affaires familiales mène à une procédure de sauvegarde au tribunal de commerce. Les pratiques de Cyril de Lalagade - « qui s'est servi sur la bête », avait résumé le procureur à l'audience de décembre - n'ont pas arrangé la situation.

En tout cas, c'est à la faveur de cette procédure qu'un administrateur judiciaire a signalé les soupçons de détournements au parquet de Nanterre, ce qui avait déclenché l'enquête. Les montants détournés atteignent 200 000 à 300 000 euros.

Depuis juin 2017, Caviar Volga, qui détient le restaurant, a mis le fonds de commerce en location-gérance. C'est aujourd'hui une société du groupe Beaumarly qui exploite l'établissement.