Inventées à Gennevilliers, les Bulles musicales pétillent dans toujours plus de crèches

La société Cap Enfants, qui gère différents lieux d’accueil, a dû créer une société dédiée à cette innovation qui trouve de plus en plus preneur.

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 Gennevilliers, le 15 janvier. La société de crèches Cap Enfants, via une filiale dédiée, commercialise les Bulles musicales à l’attention de crèches publiques ou privées.
Gennevilliers, le 15 janvier. La société de crèches Cap Enfants, via une filiale dédiée, commercialise les Bulles musicales à l’attention de crèches publiques ou privées. LP/Olivier Bureau

La musique adoucit les mœurs et fait grandir les enfants… Basée à Gennevilliers, la société de crèche Cap Enfants s'est fait connaître en révolutionnant l'accueil des tout-petits avec ses Bulles musicales. Aujourd'hui, le succès est tel que les dirigeants ont dû créer une filiale consacrée à la vente de ces équipements. La ville de Gennevilliers vient justement d'en acquérir trois.

« On connaît Cap Enfants depuis longtemps. Leur concept est innovant et a prouvé l'impact de la musique et des sons sur le langage et l'évolution des petits. L'autre intérêt d'acheter ces Bulles est que notre personnel reçoit une formation adéquate », analyse Yasmina Attaf, maire adjointe chargée du développement des politiques de l'enfance et de la petite enfance.

Le 16 décembre 2020, l'élue a présenté ce projet en conseil municipal. La ville a ainsi acheté trois « igloos » pour ses crèches municipales du quartier République, du Luth et Anatole France, allée Claude-Debussy. Cette dernière en est équipée depuis fin 2020. Les deux autres en seront dotées respectivement en 2021 et 2022.

«Cela développe le langage, la curiosité et l'ouverture d'esprit»

« Nous y croyons beaucoup. Ce concept est appelé à se développer et nous n'allons pas en rester là mais il faut suffisamment de place. Pour les crèches plus petites comme Masselier, nous mènerons des programmes autour du conte par exemple », ajoute Yasmina Attaf.

Basé dans la zone d'activité des Barbanniers à Gennevilliers, le réseau de crèches d'entreprises Cap Enfant a été créé il y a une quinzaine d'années. Sa fondatrice et présidente Claudia Kespy Yahi y a développé une pédagogie basée sur les sons. Et un outil phare : la Bulle musicale. Cet igloo coloré est bardé de capteurs et d'un écran. « Nous faisons découvrir des environnements sonores aux enfants. De zéro à un an, ils ont l'oreille universelle et entendent davantage de sons et de fréquences qu'un adulte », explique Claudia Kespy Yahi.

La crèche Anatole-France de Gennevilliers est la première crèche municipale à être équipée d’une Bulle musicale dernier cri. LP/O.B.
La crèche Anatole-France de Gennevilliers est la première crèche municipale à être équipée d’une Bulle musicale dernier cri. LP/O.B.  

Dans la Bulle, les bambins passent la main devant des capteurs qui déclenchent des sons, de la musique ou des phrases liés au pays en question. Un écran apporte une dimension visuelle. Le système permet d'associer aussi l'odorat et le goût grâce à des dégustations.

« Cela développe le langage mais aussi la curiosité et l'ouverture d'esprit des enfants. Cela leur donne une palette de son beaucoup plus large. A travers le jeu, ils travaillent la mémoire, la concentration, le vocabulaire sans s'en rendre compte », poursuit Claudia Kespy Yahi.

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En 2016, la toute jeune Vulle musicale décroche un Décibel d'argent lors du concours du Conseil national du bruit qui récompense chaque année des réalisations significatives ou innovantes pour améliorer l'environnement sonore.

50 000 euros la Bulle, les programmes et la formation qui vont avec

C'est à cette époque que Cap Enfants commence à s'étendre et ouvre des crèches avec Bulle musicale à Cergy et Argenteuil (Val-d'Oise) et deux à Massy (Essonne). Trois ans plus tard, le célèbre psychiatre Boris Cyrulnik tresse des lauriers à cette invention dans son livre « Préparer les petits à la maternelle » publié chez Odile Jacob. Selon lui, « ceux qui ont fréquenté la Bulle au moins deux ans sont plus aptes à parler une langue étrangère » et ont « un vocabulaire plus riche que la moyenne ». La même année, en 2019, Cap Enfants prend la route du sud et s'implante à Istres (Bouches-du-Rhône).

« Nous avons commencé à vendre des Bulles à des crèches existantes à Gennevilliers. C'est à ce moment que juridiquement on a dû monter Musical Igloo. En fait, le succès nous est brutalement tombé dessus. Certaines sont installées dans des centres de loisirs », détaille la chef d'entreprise. Aujourd'hui, on trouve donc des Bulles musicales à Dugny (Seine-Saint-Denis), Ecouen et Villiers-le-Bel (Val-d'Oise). Un nouveau modèle vient d'être mis en service à Gennevilliers avec de nouveaux capteurs. Une technologie qui sera adaptée aux igloos déjà installés ailleurs.

Une commune doit débourser quelque 50 000 euros pour le pack « trois ans » qui comprend la Bulle, 50 programmes et une formation du personnel. Mais des aides sont possibles. Gennevilliers en a ainsi obtenu de la Caisse d'allocations familiales et du conseil régional au titre du soutien au mode de garde innovant pour la petite enfance.

« En 2016, au début de l'aventure, nous n'avions pas conscience de la portée de cette invention, conclut Claudia Kespy Yahi. Aujourd'hui, cinq ans plus tard, on passe à l'industrialisation ! »