Hauts-de-Seine : premières poursuites pour trafic de gaz hilarant

Trois personnes ont été arrêtées la semaine passée, avec des stocks de protoxyde d’azote, cette drogue qui fait fureur chez les jeunes. Ils sont poursuivis pour trafic de substance psychotrope.

 Les suspects stockaient une soixantaine de bonbonnes de protoxyde d’azote dans un entrepôt d’Asnières.
Les suspects stockaient une soixantaine de bonbonnes de protoxyde d’azote dans un entrepôt d’Asnières. DR

Pour la première fois, le parquet de Nanterre engage des poursuites pour trafic de protoxyde d'azote, ce gaz hilarant très tendance, apprécié de la jeunesse et des fêtards.

En fin de semaine, coup sur coup, les policiers des Hauts-de-Seine ont arrêté un jeune homme soupçonné de vendre sous le manteau des capsules de protoxyde d'azote, ainsi que deux autres personnes qui en écoulaient visiblement en grande quantité. Tous sont poursuivis pour « trafic de substance psychotrope » et risquent cinq ans d'emprisonnement.

Jeudi soir, les policiers de Villeneuve-la-Garenne placent en garde à vue un jeune homme de la cité de La Caravelle, arrêté au volant de sa voiture alors qu'il conduisait n'importe comment. Dans le coffre, ils trouvent quelque 600 capsules de protoxyde d'azote, une quinzaine de bonbonnes et six « tanks », des bonbonnes de très grande taille. Il y a aussi des bouteilles d'alcool, des cigarettes… Normal, explique le jeune homme : il dit tenir « une épicerie mobile » pour livrer ses clients en soirée. Il devra s'expliquer devant le tribunal correctionnel le 12 mars prochain.

Ce week-end, c'est carrément un entrepôt de bonbonnes que la brigade anticriminalité (Bac) a découvert à Asnières. Dans la nuit de vendredi à samedi, les policiers repèrent deux hommes et une femme occupés à charger une voiture, devant un hangar de la rue Louis-Armand. Là encore, il s'agit d'une sorte « d'épicerie mobile », plutôt version supermarché.

«L'infraction n'est pas encore claire »

Dans le coffre, il n'y a qu'une dizaine de bouteilles de gaz hilarant. Mais dans l'entrepôt, sont stockées 20 000 capsules et une soixantaine de bonbonnes, « de la taille d'un extincteur », précise un proche de l'affaire.

L'endroit était aussi un « atelier de customisation », précise un proche du dossier. « Ils décoraient les bonbonnes avec des couleurs fun pour faire plus festif. »

« Ils décoraient les bonbonnes avec des couleurs fun pour faire plus festif », précise un proche du dossier. DR
« Ils décoraient les bonbonnes avec des couleurs fun pour faire plus festif », précise un proche du dossier. DR  

L'un de ces trois suspects sera mis hors de cause. Les deux autres, la femme et un homme, sont mis en examen pour « trafic de substance psychotrope », mais aussi « blanchiment et association de malfaiteurs ». La suspecte avait 6000 euros en poche.

Rien ne dit à ce stade que le tribunal réprimera ce trafic. « L'infraction n'est pas encore très claire, relève un magistrat. La difficulté, c'est que les capsules se trouvent dans le commerce. » Ce sont celles que l'on achète en effet pour les siphons à Chantilly.

« Mais le gaz dans les bonbonnes, utilisé notamment comme anesthésiant et analgésique, est un médicament. Son trafic est infraction », rappelle le magistrat.

Le Sénat a adopté une loi visant à « protéger les mineurs des usages dangereux du protoxyde d'azote », en décembre 2019. Elle est de retour à l'Assemblée nationale pour un deuxième examen. « Il faut que cela avance et qu'une infraction claire soit créée », tranche un magistrat.