Hauts-de-Seine : ouvrir les fenêtres des collèges pour combattre le coronavirus, ça ne s’improvise pas

Le conseil départemental a distribué un guide des bonnes pratiques réalisé par le centre scientifique et technique du bâtiment (CSTB) pour aider les chefs d’établissement à mettre en œuvre les meilleurs gestes barrière.

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 Puteaux, le 8 février 2021. La ventilation du self, avant et pendant le déjeuner de quelque 350 élèves demi-pensionnaires fait partie des mesures pour lutter contre virus au collège Maréchal Leclerc.
Puteaux, le 8 février 2021. La ventilation du self, avant et pendant le déjeuner de quelque 350 élèves demi-pensionnaires fait partie des mesures pour lutter contre virus au collège Maréchal Leclerc. LP/A.-S.D.

Masques sur le nez, parcours fléchés, nettoyage régulier, distanciation mais aussi ventilation. Depuis quelques mois, les établissements scolaires vivent au rythme contraignant des mesures sanitaires, souvent évolutives, pour lutter contre la pandémie de Covid-19.

« On laisse les fenêtres ouvertes toute la nuit, on aère même pendant les cours et évidemment durant les récréations », détaille Frédérique Fèvre, principale du collège Maréchal Leclerc, à Puteaux, qui compte 736 élèves. « Avec nos 12000 mètres carrés, la surface à gérer est phénoménale, poursuit-elle. On a bien conscience qu'en plein hiver on chauffe un peu l'extérieur mais comme je fais de la voile, je sais que c'est un très bon moyen de faire de la ventilation ! »

Pour aider les chefs d'établissements et leurs équipes, le conseil départemental des Hauts-de-Seine a décidé, l'été dernier, de faire appel au Centre scientifique et technique du bâtiment (CSTB). Après six mois d'analyses par modélisations, il vient d'éditer un guide des bonnes pratiques.

Des simulations par ordinateur

« Ce guide, complémentaire du protocole sanitaire, part d'une démarche scientifique pour objectiver la pertinence des mesures, c'est un outil d'accompagnement », explique Christophe Sauvage, qui a piloté ce projet pour le département. Il a été distribué aux principaux des 98 collèges des Hauts-de-Seine, qui brassent 52 274 élèves, avec chacun des spécificités en fonction de sa configuration, des espaces et des contraintes des bâtiments.

« Nous avons fait des simulations par ordinateur pour définir en quoi une mesure est plus intéressante qu'une autre pour lutter contre la propagation du virus », ajoute Thibaut Delval, ingénieur architecte et chef de projet recherche au CSTB, un établissement public qui dépend notamment du ministère de la Transition écologique et solidaire et du ministère de l'Éducation nationale.

Renouveler l'air apparaît comme une véritable arme de lutte contre le virus. Dans le réfectoire de la cantine du collège Maréchal Leclerc, cette préconisation est particulièrement importante, l'heure du déjeuner étant considérée comme à risque puisque c'est le moment où les élèves font tomber le masque.

Très peu de cas de Covid dans l'établissement

Alors à 11 heures pile, Safiatou Coulibaly, responsable de la cantine, ouvre toutes les fenêtres et les vasistas. « On ne les refermera que vers 15h30 », précise-t-elle, alors que sur les tables des croix en scotch marquent les places interdites puisque les élèves doivent désormais déjeuner en quinconce. « Il paraît que la répétition fait partie de la pédagogie », ajoute la responsable, laissant deviner un sourire derrière son masque.

Depuis la rentrée, l'établissement affiche un très faible nombre d'élèves atteint du Covid. « Nous avons eu une dizaine de cas positifs, contaminés à l'extérieur de l'établissement, et tous les cas contacts internes éventuels, à savoir à la cantine et en EPS, se sont révélés négatifs », souligne la principale, soulagée que les « mesures mises en place aient fonctionné jusqu'à présent ».

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Tout n'était pourtant pas gagné d'avance. Il a fallu par exemple convaincre les professeurs de changer de salle à chaque heure de cours pour éviter le flot d'élèves dans les couloirs et demander aux parents de limiter dans la mesure du possible le nombre d'élèves déjeunant à la cantine – les demi-pensionnaires sont passés de 480 à 350 par jour en moyenne.

«Certaines mesures vont devenir permanentes»

« Nous avons mis en accès deux escaliers supplémentaires pour limiter au maximum les flux, mais cela a forcément des conséquences sur la gestion du nettoyage », ajoute Frédérique Fèvre, alors que collège est doté « en théorie » de quatorze agents équivalent temps plein, notamment pour le nettoyage.

Le département a également été mis à contribution pour réaliser en urgence certains travaux : une deuxième cour a été créée à l'avant de l'établissement après avoir posé un festonnage sur les grilles et installé des toilettes supplémentaires. Chaque niveau a ainsi « son » espace extérieur.

« Les sanitaires sont nettoyés deux fois par jour, et nous avons acheté des distributeurs de protections pour les cuvettes », souligne Frédérique Fèvre, qui veut voir le bon côté des choses avec « certaines mesures qui vont devenir permanentes ».