Hauts-de-Seine : licencié en 2018, Gaël Quirante se bat encore pour être réintégré à la Poste

L’audience a eu lieu ce jeudi au tribunal administratif. La décision doit être rendue à la fin du mois. Le secrétaire de Sud Poste 92 demande l’annulation de l’autorisation de licenciement donnée à La Poste par le ministère du Travail, en 2018.

 Cergy, ce jeudi matin. Une centaine de manifestants sont venus soutenir Gaël Quirante. « Sans cette solidarité, on ne peut pas tenir », apprécie le cadre syndical.
Cergy, ce jeudi matin. Une centaine de manifestants sont venus soutenir Gaël Quirante. « Sans cette solidarité, on ne peut pas tenir », apprécie le cadre syndical. DR.

Ce feuilleton juridique semble sans fin, avec toujours les mêmes protagonistes, le syndicaliste de Sud Poste 92 Gaël Quirante et La Poste. Les deux parties se sont une nouvelle fois retrouvées ce jeudi matin dans une salle de tribunal, en l'occurrence du tribunal administratif de Cergy (Val-d'Oise). Il s'agissait pour le célèbre postier de demander sa réintégration, après que l'entreprise l'a licencié en avril 2018, pour faute grave.

L'affaire avait fait beaucoup de bruit à l'époque, le ministre du Travail d'alors, Muriel Pénicaud ayant donné son aval pour le licenciement du cadre syndical. C'est plus précisément sur la demande de l'annulation de cette autorisation de licenciement que le tribunal administratif doit se prononcer le 28 janvier.

Cergy, jeudi matin. Gaël Quirante conteste son licenciement. DR.
Cergy, jeudi matin. Gaël Quirante conteste son licenciement. DR.  

Il y a près de trois ans, la ministre et la direction générale du travail avaient fait valoir que le responsable syndical avait été condamné au pénal pour la séquestration de cadres de La Poste, en mai 2010. « J'ai certes été condamné mais il reste la question de la gravité des faits encore débattue aujourd'hui », affirmait Gaël Quirante, ce jeudi, de retour à son syndicat en milieu d'après-midi.

Le cadre syndical continue à militer au sein de la Poste

Et de rappeler que la cour d'appel de Versailles avait relaxé 12 des 15 prévenus pour ces faits, les trois autres étant condamnés à des amendes avec sursis et 1 000 euros de dommages et intérêt aux parties civiles. « J'ai été le seul licencié », fait remarquer Gaël Quirante, qui a encore dénoncé « une discrimination syndicale » devant le tribunal de Cergy, en s'appuyant sur des rapports de l'inspection du travail et des services de l'Etat, en date de 2017, refusant son licenciement.

En fin de droits depuis août dernier, le syndicaliste n'en continue pas moins de militer contre la réorganisation du travail dans les services postaux des Hauts-de-Seine et à dénoncer les charges de travail qu'il juge excessives.

Gaël Quirante reste, de fait, le secrétaire départemental de Sud Poste. « Je peux continuer à représenter les postiers, les accompagner, signer des accords collectifs…, ironise-t-il. Mon licenciement a provoqué une grève de 15 mois. La représentation de Sud Poste est devenue majoritaire dans le département. Cela mène où? »

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La Poste a fait savoir, ce jeudi en fin de journée, qu'elle « ne peut pas s'exprimer tant que le tribunal administratif de Cergy n'a pas rendu son jugement ».