Hauts-de-Seine : garde à vue imminente pour le député Thierry Solère

L’immunité parlementaire du député LREM de Boulogne est levée. Il peut être interrogé dans le cadre de l’enquête ouverte depuis 2016 pour fraude fiscale puis élargie à d’autres suspicions.

 Le bureau de l’Assemblée nationale a voté la levée d’immunité parlementaire de Thierry Solère à l’unanimité.
Le bureau de l’Assemblée nationale a voté la levée d’immunité parlementaire de Thierry Solère à l’unanimité. LP/Frédéric Dugit

La garde à vue de Thierry Solère approche. En tout cas, depuis ce mercredi, plus rien ne s'y oppose. Jusqu'à présent, le député de la 9e circonscription de Boulogne était protégé par son immunité parlementaire. Mais le bureau de l'Assemblée nationale a décidé de la lever. Ce qui permet donc aux enquêteurs de l'Office central de lutte contre la corruption et les infractions fiscales (OCLCIF) de lui envoyer une convocation pour l'interroger en garde à vue. Selon nos informations, celle-ci pourrait avoir lieu très prochainement.

Si c'est le parquet général de la cour d'appel de Versailles qui a formellement demandé la levée de l'immunité de Thierry Solère, celle-ci émane à l'origine du parquet de Nanterre, qui dirige depuis 2016 une enquête ouverte initialement pour fraude fiscale. Enquête étendue depuis à des soupçons de corruption, trafic d'influence, abus de biens sociaux, financement illicite de dépenses électorales et manquement aux obligations déclaratives à la Haute autorité pour la transparence de la vie publique.

« C'est ce que je réclame depuis un an »

Outre la fraude fiscale, l'élu de Boulogne, qui fut l'organisateur de la primaire des Républicains pour à la dernière élection présidentielle, puis porte-parole de François Fillon, et enfin rallié à La République en marche, est notamment soupçonné d'avoir monté de faux crédits immobiliers pour l'achat successif de cinq appartements.

C'est ce que le parquet a développé dans sa note expliquant sa demande de levée d'immunité. Il y a aussi l'aide à des sociétés pour l'obtention de contrats publics, quand Thierry Solère continuait à travailler dans le privé tout en étant élu, l'emploi douteux d'une assistante parlementaire… Les questions vont sans doute être nombreuses.

Sans se réjouir devant la perspective d'une garde à vue, Thierry Solère se dit toutefois « serein », satisfait de répondre enfin aux enquêteurs. « C'est ce que je réclame depuis plus d'un an », commente l'intéressé, rappelant qu'il a lui-même demandé sa levée d'immunité.